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"J'ai croisé un canot de migrants en Grèce, je les ai aidés": le témoignage d’une Française

Sylvie Piéjus est enseignante à Sartrouville et fan de voile. Cet été, elle naviguait en mer Egée, dans les îles grecques, lorsqu'elle est tombée sur un canot rempli de migrants. Elle n'a pas hésité une seule seconde et leur est venue en aide.  Témoignage.

Il n'y a jamais eu autant de migrants aux portes de l'Union européenne. Très précisément, 107 500 migrants ont rejoint les frontières de l'Europe au cours du dernier mois de juillet selon l'agence Frontex, chargée des frontières extérieures de l'espace Schengen. C'est trois fois plus qu'en juillet de l'année dernière. Un record. Les Syriens et les Afghans constituent la majeure partie des migrants qui entrent illégalement dans l'Union européenne. Fuyant l'instabilité dans leurs pays, ils arrivent d'abord en Grèce depuis la Turquie.

"On a aperçu un point noir à l'horizon"

Dès lors, les îles grecques de Kos, Lesbos, Chios et Samos, proches de la Turquie, sont débordée par l'arrivée de migrants. Et c'est dans ces îles paradisiaques que Sylvie Piéjus, enseignante à Sartrouville, a passé ses vacances. Des vacances pas comme les autres pour cette passionnée de voile. En effet, alors qu'elle naviguait en pleine mer Egée, le 30 juillet, elle est tombée nez-à-nez avec un canot rempli de migrants comme elle le raconte ce mardi sur RMC.

"On était partis en bateau à voile. Nous quittions l’île de Samos quand, après une heure de navigation, on a aperçu un point noir à l'horizon, une petite tâche sombre, se souvient-elle. On a tout de suite compris qu'il s'agissait certainement un canot de migrants, des Syriens en majorité, qui dérivait. On s'est donc approchés et les migrants nous ont demandé de l'aide, de les emmener en Grèce".

"Ni les accueillir, ni les remorquer"

Sur ce petit bateau, "à peine une dizaine de mètres de long", plus de 40 personnes, "une majorité d'hommes, mais aussi des femmes et des enfants, y compris des bébés d'à peine un an". "Ils faisaient des grands signes et étaient un peu paniqués parce que leur moteur venait de tomber en panne, ajoute-t-elle. Et nous, on ne pouvait en fait ni les accueillir sur notre bateau qui était probablement plus petit que le leur, ni les remorquer".

"On a donc appelé les garde-côtes et un bateau est arrivé une heure et demi après, poursuit-elle. Nous avons attendu avec eux… On leur a donné de l’eau et nous sommes restés proches afin qu’ils soient bien visibles pour les secours". Une expérience particulièrement marquante pour Sylvie: "Quand on voit 40 personnes sur un canot pneumatique en pleine mer, sans aucun moyen de propulsion, on se dit qu'il faut quand même avoir été assez désespéré pour en arriver à ce mettre dans cette situation-là".

M.Ricard avec G.Chièze et JJ.Bourdin