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"Je partage les propos de Mila": Aurore Bergé défend vigoureusement la jeune fille aux propos anti-islam

Aurore Bergé, députée LREM des Yvelines, a défendu ce jeudi matin sur RMC la jeune Mila, menacée de mort sur les réseaux sociaux pour avoir critiqué l'Islam dans une vidéo. La députée "ne voit pas où peut être la haine raciale à l'égard d'une religion".

"L'Islam, c'est de la merde. Votre Dieu, je lui met un doigt dans ...". Après des propos anti-Islam tenus dans une vidéo publique publiée sur Instagram, une jeune lycéenne de Villefontaine, en Isère, est la cible de menaces de mort ces dernières semaines. Cette adolescente de 16 ans a été déscolarisée après ces menaces, et son cas fait l'objet de nombreux commentaires politiques.

Nicole Belloubet, ministre de la Justice, a donné son point de vue sur cette "affaire Mila", sur Europe 1: "Dans une démocratie, la menace de mort est inacceptable (...). L'insulte à la religion c'est évidemment une atteinte à la liberté de conscience, c'est grave, mais ça n'a pas à voir avec la menace", a déclaré la ministre.

Aurore Bergé: "Elle a tout à fait le droit de le dire"

A droite comme à gauche, ces déclarations ont soulevé l'indignation de certains responsables qui estiment qu'elle n'a pas été assez virulente dans sa défense de la jeune fille. La garde des Sceaux a même été contrainte à admettre une maladresse.

Aurore Bergé, députée LREM, invitée de Bourdin direct sur RMC, est satisfaite qu'elle se soit reprise. "Elle a eu raison de clairement dire cela. Il ne faut pas laisser penser que dans notre pays, une jeune fille mériterait de subir ce niveau de menaces de mort".

"Ce qu'elle a dit (Mila), elle a tout à fait le droit de le dire. On a le droit de ne pas partager ses propos. Elle n'a jamais attaqué les personnes. On a le droit au blasphème, on a le droit de critiquer les religions et d'attaquer même de manière très virulente les religions."

"J'ai une forme d'incompréhension très forte à l'égard de cette enquête qui est ouverte"

Deux enquêtes judiciaires ont été ouvertes en lien avec cette affaire: l'une vise les menaces de mort, l'autre a pour objet de déterminer si les propos de l'adolescente relèvent de la "provocation à la haine raciale". Aurore Bergé dit ne pas comprendre l'ouverture de la deuxième. 

"J'ai une forme d'incompréhension très forte à l'égard de cette enquête qui est ouverte. En fait, je partage les propos de Mila. Je ne vois pas où peut être la haine raciale à l'égard d'une religion. Ce n'est pas une race, ce n'est pas une ethnie. Une religion c'est une communauté de personnes qui croient dans une certaine culture. Ce qui est tout à fait respectable. Mais en tout cas j'ai du mal à voir la haine raciale qu'elle aurait provoqué. Par contre, je vois très bien, malheureusement, la violence dont elle a été l'objet.
Je m'étonne du silence d'un certains nombre de responsables politiques sur le sujet. Où est la gauche sur le sujet? Pourquoi personne n'a défendu Mila?"
J.A.