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"Je suis révolté par ce tissu de mensonges": l'émotion du père de Cédric, mort après un contrôle routier à Paris

Cédric, 42 ans, est mort à l'hôpital dans la nuit de samedi à dimanche, victime d'un accident cardiaque. Pour sa famille et leurs avocats, il s'agit d'une "bavure policière". Sur RMC, son père, Christian n'a pas pu cacher son émotion et sa colère.

"Pour les proches de la victime, il s'agit d'une "bavure policière". Le livreur mort à Paris après un contrôle routier a été victime d'une asphyxie avec fracture du larynx lors de son interpellation, selon les premiers résultats de l'autopsie mardi, dont le ministre de l'Intérieur reconnaît qu'elles "soulèvent des questions légitimes", les avocats de la famille dénonçant une "bavure policière".

Sur RMC, Christian Chouviat, le père de la victime revient sur les faits. "On s'est quitté à 9h20, vendredi matin. Il était joyeux, il est parti faire sa tournée avec plus de 40 livraisons à faire. Tous mes véhicules sont géolocalisés: je connais le parcours et je sais où sont les gars. Là, je me rends compte qu'il est à l'arrêt depuis 1h. Je me demande ce qu'il se passe. Une heure après, le scooter bouge et se déplace vers un commissariat de police dans le 7ème arrondissement. Et je l'appelle 15 fois. Ca sonne mais ça ne répond pas". 

Cédric, 42 ans, a, en réalité, été victime d'un malaise cardiaque vendredi matin, aux abords de la Tour Eiffel, après avoir été plaqué au sol, casque sur la tête, par trois policiers, peu après un contrôle tendu, motivé selon une source policière par un usage du téléphone en conduisant son scooter. Il s'était montré "agressif" avant de proférer des insultes. Transporté dans un état critique à l'hôpital, il est mort dimanche à 03H30, selon le parquet de Paris.

"Les premiers éléments" des médecins légistes font "état d'une manifestation asphyxique avec une fracture du larynx", a précisé le parquet dans un communiqué.

Cette autopsie confirme que c'est l'action des policiers qui a entraîné la mort de Cédric. Dans de courtes vidéos, tournées par des témoins, on le voit d'abord filmer nerveusement des agents avec son portable. Les fonctionnaires le repoussent, puis, dans un autre extrait, l'homme est au sol, casqué, il se débat alors que trois policiers sont sur lui, puis il ne bouge plus. 

"Des questions légitimes", selon Castaner

De leur côté, les policiers ont expliqué à leur hiérarchie que l'homme avait un comportement provocant qu'ils ont alors décidé de l'interpeller pour outrage. C'est là que l'homme de 42 ans aurait trébuché entraînant d'après eux dans sa chute un des gardiens de la paix. 

Puis les fonctionnaires expliquent qu'une fois au sol après une lutte pour le menotter, ils pensent que l'homme simule un malaise avant de constater que son visage est bleu. L'enquête va se poursuivre, notamment pour déterminer les circonstances exactes de cette intervention policière.

Pour Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur, ces résultats "soulèvent des questions légitimes, auxquelles des réponses devront être apportées en toute transparence."

"Ces policiers ont fait 5 orphelins"

Face à Jean-Jacques Bourdin, l'avocat Arié Alimi et le père de Cédric dénoncent de "fausses informations" dans cette affaire:

"Il s'agit d'un problème de communication de la préfecture de police. On voit dans ce dossier un communication mensongère dès le départ: de fausses informations ont été données aux journalistes indiquant qu'il n'y a pas eu d'altercation. C'est parce que la famille a lancé un appel à témoins pour avoir des informations et savoir ce qu'il s'est réellement passé" indique l'avocat sur RMC.
En direct, Christian Chouviat fond alors en larmes: "On attend la justice. Pour moi, il y a un môme de 42 ans qui part bosser pour nourrir ses 5 enfants. Qu'est-ce que je vais dire à mes petits-enfants? Je n'ai qu'un seul objectif: c'est la vérité. Ces gens qui ont fait ça: je ne veux plus qu'ils dorment. Ils ont fait 5 orphelins, vendredi à 10h du matin. Ils prétendent qu'il avait la plaque d'immatriculation sale. Après, on nous dit qu'il avait son téléphone à la main: c'est impossible, son téléphone était autour de son cou, il ne pouvait pas faire l'Américain devant la tour Eiffel. Je suis révolté par ce tissu de mensonges". 
Jean-Baptiste Bourgeon avec Xavier Allain