RMC

Jérôme Champagne: "La Fifa n'a aucune autorité sur les confédérations"

Jérôme Champagne, en janvier dernier.

Jérôme Champagne, en janvier dernier. - AFP

Ancien dirigeant de la Fifa de 1999 à 2010, Jérôme Champagne était invité à réagir en direct depuis la Suisse sur le double séisme qui ébranle le monde du football, ce jeudi matin dans Bourdin Direct sur RMC. "Nous devons réformer la gouvernance de la Fifa pour redonner le pouvoir aux fédérations nationales", a-t-il notamment plaidé.

"C'est très bien, il faut nettoyer". Ce sont les premiers mots, à chaud, de Jérôme Champagne, ex-dirigeant de la FIFA de 1999 à 2010, invité à réagir en direct depuis la Suisse sur le scandale qui ébranle la Fifa, ce jeudi matin dans Bourdin Direct sur RMC.

Blanchiment, comptes cachés, millions de dollars de pots-de-vin: la justice américaine a dressé mercredi un état des lieux accablant d'une corruption selon elle "endémique", en annonçant 14 inculpations à New York. "Il y a beaucoup de choses que l'on ne savait pas, a-t-il ajouté. Et je vais vous le dire franchement: je trouve cela très bien ce qu'il s'est passé."

"Les confédérations ne sont pas membres de la Fifa"

Au total, neuf élus actuels ou passés de la Fifa et cinq partenaires de l'instance mondiale du football ont été inculpés de corruption, racket et blanchiment à New York, accusés d'avoir reçu ou distribué plus de 150 millions de dollars depuis 1991, pour les droits de diffusion de tournois internationaux. Parmi les dirigeants visés figurent Jeffrey Webb (Iles Caïman), Eugenio Figueredo (Uruguay), tous deux membres du comité exécutif, et Jack Warner (Trinité-et-Tobago), ex-membre du comité exécutif.

"Il faut savoir une chose: les confédérations ne sont pas membres de la Fifa, a insisté Jérôme Champagne sur RMC. Ce sont des organes qui ont une existence à part, sur lesquelles la Fifa n'a pas d'autorité".

"Il faut réformer la gouvernance de la Fifa"

Pour ce diplomate de profession, le document de mise en cause du gouvernement fédéral américain "ne porte sur aucun élément des compétitions de la Fifa".

"Ce qui est en cause, ce sont des business et des violations supposées de la loi - parce que la présomption d'innocence doit jouer - sur des compétitions de la confédération nord-américaine et de la confédération sud-américaine, a-t-il martelé. A aucun moment, la FIFA en tant que telle n'est mise en cause". 

"Les problèmes viennent justement du fait que ces confédérations contrôlent le gouvernement de la Fifa pour leur propre intérêt, a-t-il poursuivi. Personnellement, c'était l'un des points de ma campagne électorale. Nous devons réformer la gouvernance de la Fifa pour redonner le pouvoir aux fédérations nationales, au détriment des bureaucraties continentales".

Qatar: "S'il y a eu des problèmes, il faudra revoter"

Dans une procédure distincte, le parquet suisse a annoncé avoir saisi des documents électroniques au siège de la Fifa à Zurich, dans le cadre d'une procédure pénale contre X pour soupçon "de blanchiment d'argent et gestion déloyale" entourant les attributions des Coupes du monde 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar. "Si l'on découvre qu'il y a eu des problèmes, il faudra revoter", a sobrement commenté Jérôme Champagne.

Ce double séisme dans le monde du football intervient à deux jours de l'élection à la présidence de la Fifa, où Joseph Blatter, à sa tête depuis 1998, briguera un cinquième mandat.

C. P.