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Jeune décapité en Arabie Saoudite: "Le silence des démocraties occidentales est préoccupant"

Le président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme, Me Henri Leclerc, a dénoncé le silence des démocraties occidentales alors que l'Arabie Saoudite s'apprête à exécuter ce jeudi un jeune opposant au régime.

Pour avoir manifesté, il sera décapité. Puis crucifié en place publique pendant plusieurs jours. Le sort d'un opposant au régime saoudien, qui doit être exécuté ce jeudi, émeut la planète entière. Ali Mohammed al-Nimr a été accusé d'appartenir à une organisation criminelle et pour détention d'armes, après avoir participé à des manifestations du Printemps arabe en 2012, lorsqu'il avait 17 ans. Il a été condamné à mort en 2014. Selon le dernier rapport d’Amnesty International, l'Arabie Saoudite a procédé à l’exécution "en moyenne d’une personne tous les deux jours", entre août 2014 et juin 2015.

"Je souhaite que la diplomatie française soit beaucoup plus vigoureuse"

Invité ce jeudi de Jean-Jacques Bourdin, le président d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme, Me Henri Leclerc, estime que "le silence des démocraties occidentales est préoccupant". "A 15 jours de la journée mondiale contre la peine de mort, c'est quand même malvenu", a ajouté l'avocat. Si François Hollande a appelé l'Arabie Saoudite à gracier ce jeune homme, pour Me Henri Leclerc, ce n'est pas suffisant. "Je souhaite que la diplomatie française soit beaucoup plus vigoureuse sur un sujet pareil", exhorte-t-il, se désolant que "les intérêts diplomatiques et économiques passent avant les droits de l'homme. L'Arabie Saoudite est un pays ami, parce qu'il a du pétrole et de l'argent".

"C'est en Chine, puis en Iran qu'on exécute le plus"

Mais Me Leclerc nous invite à ne pas nous focaliser uniquement sur le cas de ce jeune homme. "La barbarie, c'est la peine de mort d'une façon générale". "Je rappelle qu'en Iran, on exécute environ 700 personnes par an, donc le problème c'est celui effrayant de la peine de mort dans le monde. C'est en Chine, puis en Iran qu'on exécute le plus, et après l'Arabie Saoudite n'est pas loin. Mais ce qui est terrible, c'est qu'un grand pays démocratique comme les Etats-Unis donne le pire exemple qui soit, puisqu'il continue à exécuter des gens. C'est le principe même de la peine de mort qui est effrayant".

Cela n'a pas empêché l'ONU de placer l'Arabie Saoudite à la tête du groupe consultatif de son Conseil des droits de l'homme. Allez comprendre.

Philippe Gril avec JJ. Bourdin