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Jeune tué à Nantes: "On ne nous dit pas la vérité" selon les habitants du quartier du Breil

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Sur place, des habitants remettent fortement en question la version policière, n'hésitant pas à parler de "bavure policière". L'émotion reste très forte, comme a pu le constater RMC.

Malgré les appels au calme, la situation est toujours tendue à Nantes, après la mort d'un jeune homme de 22 ans tué par un policier lors d'un contrôle d'identité qui a dégénéré, mardi soir.

Jets de projectiles depuis les fenêtres des immeubles, jeunes qui scandent "assassins, assassins, honte sur vous, cassez-vous" au passage des forces de l'ordre et tirs de grenades lacrymogènes: le quartier du Breil a connu une nuit agitée entre mercredi et ce jeudi. 

Les habitants sont partagés entre colère et peine face à ce drame. A chaque coin de rue, l'émotion est palpable, comme a pu le constater RMC, avec Maria, qui regarde quelques photos du jeune homme sur son portable Et lui avait donné un petit surnom: "Le prince". "On a entendu le policier dire: 'Je l'ai tué, je l'ai tué'" confie-t-elle au micro de RMC. 

Un véritable traumatisme pour les habitants, comme Omar qui ne comprend pas pourquoi le policier a fait usage de son arme: "Quand il a fait une marcher arrière pour fuir, tu peux tirer dans les pneus! Mais pourquoi tuer? Il n'y a pas de légitime défense, il n'y avait personne derrière la voiture... C'est des bêtises. On ne nous dit pas la vérité".

"On est pas des animaux, on sait parler, on va discuter et trouver des solutions"

Comme lui, tous les habitants parlent d’une bavure policière. Rim une habitante comprend qu’il y ait des émeutes, et l’assume: "Je les soutient parce que ce n'est pas normal ce qui s'est passé, c'est un grande injustice. Un jeune garçon de 22 ans qui perd la vie, il ne reviendra pas. Sa maman va pleurer toute la vie". 

Jawed, commerçant du quartier, a été touché par les violences qui ont eu lieu dans la nuit de mardi à mercredi. Son restaurant, mitoyen à la mairie annexe qui a brûlé, ne peut plus ouvrir. Mais il dit comprendre la colère des jeunes.

"Je sais qu'on était pas visés, on est des dégâts collatéraux. C'est une situation très compliqué, j'espère que des grandes personnes vont s'occuper de cette situation, parce que franchement, ce n'est plus possible. Aujourd'hui, c'est à Nantes, demain, ce sera à Metz, Toulouse. Il faut dire stop. Les jeunes ont besoin de se faire entendre, mais il n'y a personne. A part le préfet qui vient à 5h30 du matin, vous voulez faire quoi? Venez, affrontez les gens, parlez avec eux. On est pas des animaux, on sait parler, on va discuter et trouver des solutions". 
P. G. avec Romain Poisot