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Jeunes de Lunel tués en Irak: "Ils ont servi de chair à canon pour Daesh"

Des jihadistes de l'Etat islamique (illustration)

Des jihadistes de l'Etat islamique (illustration) - ISIL / AFP

Invité de Jean-Jacques Bourdin, Philippe Moissonnier, conseiller municipal d’opposition (PS) de Lunel (Hérault) revient sur l'information du Midi Libre faisant état de la mort de deux jeunes de la commune, Karim et Hamza, âgés de 28 ans et 19 ans, tués dans des combats le week-end dernier en Irak.

Après la mort de quatre Français originaires de Lunel partis faire le jihad en Syrie en octobre, deux autres jeunes de cette ville de l'Hérault ont été tués en Irak, ont appris leurs familles le week-end dernier. Selon le quotidien Midi Libre qui révèle l'information ce mercredi, Karim et Hamza, âgés de 28 ans et 19 ans, originaires de la cité Pescalune, sont morts alors que "leur groupe passait de la Syrie à l'Irak".

"Il s'est forcément passé quelque chose"

"Le plus jeune est le fils de l'un des anciens présidents de la mosquée de Lunel. L'autre a un temps tenu un commerce à proximité d'un collège et d'un lycée de Lunel", selon le journal qui souligne que "leur radicalisation aurait été assez récente, selon des proches". "Très connus à Lunel, ces jeunes au profil au départ sans histoire, faisaient partie d'un groupe au total d'une dizaine de Lunellois", partis pour la Syrie, écrit encore le Midi Libre. Dès lors la question se pose: existe-t-il une filière jihadiste à Lunel?

Invité de Jean-Jacques Bourdin, Philippe Moissonnier, conseiller municipal d’opposition (PS), estime "qu'il s'est forcément passé quelque chose. Ce n'est pas possible que dans une ville comme Lunel autant de jeunes partent en même temps. Il y a eu un catalyseur et il faut qu'on nous explique lequel".

"Nous ne sommes pas la base arrière d'Al-Qaïda"

Il poursuit en affirmant : "Je connaissais un des jeunes qui est décédé en octobre et si on m'avait dit un jour qu'il allait parti en Syrie je vous aurais dit non. Il s'est passé quelque chose, il y a eu un phénomène d'entraînement qui fait que nos jeunes se sont retrouvés là-bas et ont servi de chair à canon aux intégristes de Daesh". Pour Philippe Moissonnier, le problème est que face à cette situation "la ville se tait". "Bizarrement, il y a un grand silence, que je comprends. On a peur d'être stigmatisé".

"Nous ne sommes pas la base arrière d'Al-Qaïda. Il n'y a pas de spécificité lunelloise. Nous sommes frappés par le malheur et il va falloir arriver à le surmonter et avancer mais pour cela il faut que l'Etat nous amène des réponses, nous dise ce qu'il s'est passé" martèle cet élu municipal. Et d'insister : "On savait qu'il y allait avoir des départs, les services de sécurité aussi donc c'est à eux de nous dire, de nous expliquer".


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Maxime Ricard avec Jean-Jacques Bourdin