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Journée de solidarité "à la carte": les salariés un peu perdus

En 2014, la journée de solidarité a rapporté 2,4 milliards d'euros. (Photo d'illustration)

En 2014, la journée de solidarité a rapporté 2,4 milliards d'euros. (Photo d'illustration) - AFP

TEMOIGNAGES - Le lundi de Pentecôte n’est plus obligatoirement la "journée de solidarité". Qui travaille aujourd’hui? Et qui est solidaire? Les travailleurs eux-mêmes semblent perdus, même pas au courant de leur propre situation.

Et vous, êtes-vous solidaires aujourd’hui envers les personnes âgées? Selon une étude du cabinet Randstad, 7 salariés sur 10 resteront à la maison aujourd'hui. La journée de solidarité a été instaurée en 2004, suite aux nombreux décès survenus lors de la canicule de l’été 2003, pour favoriser l’autonomie des personnes âgées ou handicapées.

Depuis 2008, cette journée de solidarité s’organise "à la carte". Qui travaille aujourd’hui? Et qui est solidaire? Les travailleurs eux-mêmes semblent perdus, même pas au courant de leur propre situation.

"J'espère que je serai payée"

Elena, vendeuse de chaussures, travaille aujourd’hui, mais elle a un doute. Sera-t-elle payée?

"Eh bien si, je pense, estime-t-elle, au micro de RMC. Comme un jour normal, je pense. Enfin, j'espère!"

Eh bien non. Elena travaille, en fait, gratuitement pour financer l'aide au profit des seniors.

Depuis 2008, le lundi de Pentecôte est de nouveau férié et les entreprises s'organisent comme elles veulent pour cette journée de solidarité. Personne ne s'y retrouve.

"On prend un RTT imposé"

Eric, lui, est ouvrier dans le BTP: "On rattrape les heures, donc on ne bosse pas ce jour-là, témoigne-t-il. Mais on rattrape les heures."

Quant à Gérard, employé de banque, c'est repos obligatoire: "On prend un RTT, imposé par la société".

Si la plupart des salariés ne travaillent pas, ce lundi, beaucoup de commerces, eux, restent ouverts. "Nous sommes ouverts, aux mêmes horaires que d'habitude", explique cette vendeuse. Mais sont-ils solidaires? "Je n'en sais rien, c'est le comptable qui s'occupe de ça", ajoute-t-elle. Les commerçants paient, en fait, une taxe sur leur salaire pour financer la dépendance.

"Comment ça, on paie?" 

Quant aux retraités, la plupart sont persuadés d’en être exonérés et pourtant depuis deux ans, eux aussi sont solidaires envers les personnes âgées. lls payent une taxe sur leur pension de retraite. "Mais comment ça, on paie, s'emporte cette retraitée au micro de RMC. Nous, retraités, on ne doit pas payer!"

L’an dernier, cette journée de solidarité a rapporté plus de 2,4 milliards d’euros.

C. P. avec Amandine Dubiez