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Journée mondiale de lutte contre le sida: "On se dit que ça n'arrive qu'aux autres"

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- - AFP

TEMOIGNAGES - C'est ce mardi la 28ème journée mondiale de lutte contre le Sida, une maladie qui tue, selon l'OMS, un million de personnes par an dans le monde. Et pourtant, selon un sondage Opinion Way pour la SMEREP, en France, 14% des étudiants n'utilisent pas de préservatif lors d'un rapport sexuel.

Le VIH/sida reste l’un des principaux problèmes de santé publique dans le monde. Selon les derniers chiffres de l'Organisation mondiale de la Santé, le sida tue encore un million de personnes par an dans le monde. Si la recherche médicale a fait des progrès manifestes (preuve en est avec le Truvada, ndlr), les mentalités, elles, n'ont pas nécessairement évolué à la même vitesse. Ainsi, alors que près de 6.5000 nouveaux cas sont détectés chaque année en France (source Sidaction), un sondage Opinion Way pour la SMEREP réalisé au printemps dernier révèle que seulement 57% des étudiants (et 73% des lycéens) utilisent toujours un préservatif.

Parmi les jeunes, le sentiment d'impunité face à la maladie prévaut donc: ainsi, à l'inverse, 14% des étudiants (20% en Ile-de-France) et 9% des lycéens ne l'utilisent jamais. Et parmi eux, Maxime, 19 ans, étudiant en économie, à Paris. Il l'avoue, sans honte: il a eu plusieurs rapports non protégés. "Ça m'est arrivé mais c'était avec des personnes en qui j'avais confiance", confie le jeune homme qui ne se sent pas concerné par le risque de contamination.

"Je ne culpabilisais pas"

"Je n'ai pas l'impression que l'on peut être vraiment touché par cette maladie. Pour moi, c'est un problème qui a l'air assez loin. Moi c'est plus: 'Tu fais confiance, tu connais'", poursuit-il. Même sentiment d'insouciance chez cette étudiante de 18 ans: "J'ai déjà eu un rapport non protégé. Ça ne m'a pas stressé, je n'étais pas angoissée après, confie-t-elle. Je ne culpabilisais pas de ne pas me protéger. On se dit de toute façn que ça n'arrive qu'aux autres".

Les 15-24 sont pourtant une population à risque. Le taux de contamination n'a pas baissé en 8 ans, malgré les campagnes d'information. "Cela représente 12% des nouvelles infections par an. En France, en 2014, 700 jeunes entre 15 et 24 ans ont été infectés", alerte François Dupré, directeur général de Sidaction. Et de rappeler qu'"une prise de risque, un rapport non protégé peut entraîner cette maladie à vie". Pourtant une étude menée cette année par le Sidaction révèle que plus d'un jeune sur cinq (23%) reste convaincu qu'il est possible de guérir du sida.

M.R avec Pierre Rigo