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Jungle à Grande-Synthe: "de l'avis des ONG, c'est pire qu'à Calais", affirme le maire

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Dans la commune de Grande-Synthe dans la banlieue de Dunkerque, près de 3.000 réfugiés sont installés sur un terrain vague. Damien Carême, le maire EELV de la commune, déplore les "conditions inhumaines dans lesquelles vivent ces populations".

D'une soixantaine de réfugiés cet été, la population du camp de réfugiés de Grande-Synthe près de Dunkerque est passée à 2.500. Des milliers de migrants qui vivent "dans des conditions inhumaines", selon les dires du maire EELV de la commune, Damien Carême.

Les réfugiés affluent en effet "depuis la fermeture du port de Calais" et du camp voisin de Téteghem. Le maire Damien Carême, n'a eu de cesse ces dernières semaines d'appeler l'Etat "à prendre ses responsabilités". "J'ai honte des conditions inhumaines dans lesquelles vivent ces populations", a-t-il dit ce matin sur RMC. "Je ne connais pas bien Calais mais de l'avis des ONG, c'est pire à Grande-Synthe qu'à Calais", a-t-il aussi rapporté. 

Beaucoup de familles

Contrairement au bidonville calaisien, distant d'une quarantaine de kilomètres, aucun centre de jour ne permet la distribution d'un repas quotidien et n'offre aux femmes et aux enfants un espace de protection et de répit. Les associations sont également peu nombreuses pour gérer cet afflux de réfugiés, Kurdes pour la plupart, venus notamment en famille et bien souvent livrés à eux-mêmes.

Le maire de Grande-Synthe a été reçu mercredi par le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui lui a promis le "renforcement des opérations mises en place pour démanteler les réseaux de passeurs", mais aussi "l'intensification des opérations pour permettre aux migrants qui le souhaitent de demander l'asile en France".

"La France devrait avoir honte"

Mais selon Damien Carême, les réfugiés souhaitent surtout passer en Angleterre: "Leur seul but c'est de rejoindre l'Angleterre, c'est compliqué mais ils ne s'en rendent pas forcément compte. Les démarches pour rester en France n'ont pas vraiment de succès".

"La France, pays des droits de l'homme, devrait avoir honte qu'une situation digne du tiers-monde puisse exister sur son territoire. Elle ne trouvera pas de place dans ma commune", avait prévenu le maire en interpellant le Premier ministre mi-novembre.

Lors de l'entretien entre M. Cazeneuve et M. Carême, le déménagement du camp a également été évoqué. Les migrants devraient déménager mi-janvier vers un autre emplacement de la commune qui reste encore à définir, mais où les conditions d'hébergement seront meilleures, a indiqué le maire.