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L'Etat prêt à investir à Florange, dit Nicolas Sarkozy

L'Etat est prêt à investir si nécessaire 150 millions d'euros à Florange, en Moselle, pour sauver les hauts-fourneaux d'ArcelorMittal actuellement à l'arrêt, a déclaré lundi Nicolas Sarkozy. /Photo prise le 24 février 2012/REUTERS/Philippe Wojazer

L'Etat est prêt à investir si nécessaire 150 millions d'euros à Florange, en Moselle, pour sauver les hauts-fourneaux d'ArcelorMittal actuellement à l'arrêt, a déclaré lundi Nicolas Sarkozy. /Photo prise le 24 février 2012/REUTERS/Philippe Wojazer - -

L'Etat est prêt à investir à Florange, en Moselle, pour sauver les hauts-fourneaux d'ArcelorMittal actuellement à l'arrêt et relancer la sidérurgie dans la région, a déclaré ce lundi Nicolas Sarkozy.

Ce lundi sur RTL, le chef de l'Etat, candidat à un second mandat, a déclaré : "Je ne laisserai pas faire pour la sidérurgie ce qui s'est passé pour la chimie", précisant qu'il aurait dans la journée à ce sujet une réunion avec le Premier ministre, François Fillon.

Nicolas Sarkozy a confirmé que la France était prête à "mettre 150 millions d'euros sur la table" pour contribuer au financement d'un projet européen de démonstrateur de capture du CO2 dans la sidérurgie, le projet Ulcos.

C'est l'abréviation d'Ultra-low carbon dioxide steelmaking (processus sidérurgique à très basses émissions de CO2), qui réunit 48 entreprises et organisations de 15 pays européens.

La Moselle et le site de Florange sont candidats à ce projet de recherche et développement, dont l'objet est de réduire d'au moins 50% les émissions de CO2 dans la production d'acier.

Si Florange est retenu c'est son haut-fourneau dit "P6" qui pourrait être mis en mode Ulcos d'ici 2015. Cela en ferait la seule usine sidérurgique au monde à produire de l'acier "propre".

ArcelorMittal a déposé en avril 2010 une demande de permis de recherche de formations géologiques pour le stockage de CO2 sous terre. Mais le patron du groupe, Lakshmi Mittal, a averti qu'il n'était pas question pour lui de se lancer seul, alors que le coût du projet est estimé à plus de 620 millions d'euros.

Ce "projet absolument fantastique pourrait faire de Florange un site très moderne", a dit Nicolas Sarkozy.

Il a précisé que les 150 millions d'euros amenés par l'Etat seraient débloqués dans le cadre des investissements d'avenir financés par le grand emprunt lancé en 2010.

"La décision sera prise par la Commission européenne, à la suite d'un appel d'offre dans lequel Florange et nous nous concourrons, à la fin de cette année", a-t-il ajouté.

CONCURRENCE SARKOZY-HOLLANDE

Il a déclaré vouloir en parler avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, en fin de semaine - un Conseil européen se tient jeudi et vendredi à Bruxelles.

Le gouvernement français souhaite par ailleurs qu'ArcelorMittal fasse les investissements nécessaires pour remettre en marche les hauts-fourneaux à l'arrêt, a également déclaré Nicolas Sarkozy, qui a précisé qu'il s'agissait bien d'une question différente du projet Ulcos.

Ces installations doivent pouvoir repartir dès le second semestre de cette année mais il fait que les investissements nécessaires soient réalisés au premier, a-t-il fait valoir.

"S'il faut que l'Etat investisse par le biais du FSI (Fonds stratégique d'investissement) nous serons prêts à le faire", a ajouté le chef de l'Etat.

Le candidat socialiste François Hollande, qui est allé vendredi à Florange, s'est pour sa part engagé à déposer une proposition de loi visant à rendre obligatoire la vente d'une unité de production rentable dont un groupe ne voudrait plus.

Une proposition critiquée par Nicolas Sarkozy.

"Je ne vois pas l'intérêt de cette proposition parce qu'une fois qu'on a obligé M. Mittal à vendre, il vend à qui ?" a-t-il déclaré. "À un autre qui, six mois, après sera dans la même situation ? Ça n'a pas de sens."

"Je préfère une autre solution : que l'Etat, avec les instruments qui sont les siens, notamment le fond souverain, le FSI, décide d'investir au côté du propriétaire ou d'un autre pour donner du travail, pour moderniser le site", a-t-il ajouté.

Nicolas Sarkozy a précisé qu'il était en discussion avec la direction d'ArcelorMittal.

Le chef de l'Etat sortant et son adversaire socialiste se livrent depuis le début de la campagne une vive concurrence sur la question du sauvetage des emplois industriels français et multiplient les visites d'usine dans le cadre de leur campagne.

La Rédaction, avec Reuters