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L'initiative de Wauquiez contre l'assistanat indigne à gauche

Les propositions de Laurent Wauquiez contre le "cancer" de l'assistanat en France choquent au sein de l'opposition de gauche et du milieu associatif, qui dénoncent une manoeuvre politicienne en vue de la présidentielle de 2012. /Photo prise le 22 septembr

Les propositions de Laurent Wauquiez contre le "cancer" de l'assistanat en France choquent au sein de l'opposition de gauche et du milieu associatif, qui dénoncent une manoeuvre politicienne en vue de la présidentielle de 2012. /Photo prise le 22 septembr - -

Les propositions de Laurent Wauquiez contre le "cancer" de l'assistanat en France choquent au sein de l'opposition de gauche et du milieu associatif, qui dénoncent une manoeuvre politicienne en vue de la présidentielle de 2012.

Le ministre des Affaires européennes, chef de file de "La Droite sociale" à l'UMP, a annoncé dimanche qu'une proposition de loi serait déposée d'ici dix jours en vue de plafonner les minima sociaux à 75% du Smic, en cas de cumul d'allocations, et d'imposer cinq heures hebdomadaires de travaux d'intérêt général en contrepartie du revenu de solidarité active (RSA).

L'ancien secrétaire d'Etat à l'Emploi prône également une durée minimum de travail en France - cinq ans - pour les étrangers avant tout accès au système de protection sociale. Son objectif : lutter contre "les dérives de l'assistanat" qui constituent selon lui "le cancer de la société française".

"Le cancer, c'est le chômage, ce ne sont pas les chômeurs", a répliqué lundi David Assouline pour le Parti socialiste, qualifiant d'"irresponsable" l'initiative de Laurent Wauquiez.

Le ministre laisse entendre que si "on vit d'assistanat c'est parce qu'on aime ça. Non, la grande injustice c'est d'être au smic et de voir que certains peuvent avoir 40, 50, 100, 200 fois son salaire", a dit le sénateur de Paris lors du point de presse hebdomadaire du PS.

L'ancienne dirigeante communiste Marie-George Buffet s'est élevée contre des propos "scandaleux".

"Les hommes et les femmes qui aujourd'hui touchent le RSA, ce sont des hommes et des femmes qui sont privés d'emploi. Ils ne demandent pas cinq heures de travail social, ils demandent un travail", a-t-elle souligné sur France Info. "Le RSA, (...), ce n'est pas de l'assistanat".

"J'ai envie de dire à ces ministres 'Mais venez partager la vie qu'ont ces hommes et ces femmes', parce que comment vous vivez avec moins de 700 euros par mois? - c'est ça le RSA pour deux personnes -, avec moins de 500 euros par mois - parce que c'est ça le RSA pour une personne -?", a lancé la député de Seine-Saint-Denis.

"UNE FAUSSE BONNE IDÉE"

Pour Marie-George Buffet, le but de Laurent Wauquiez, "c'est, une fois encore, d'essayer de rameuter l'électorat d'extrême droite en montrant du doigt les Français qui vivraient de l'assistanat, en essayant de diviser notre peuple".

"La présidentielle rend fou", a-t-elle estimé.

"Insupportable", a réagi pour sa part Manuel Valls sur LCI.

"Cela me paraît encore une fois, comme d'habitude avec ce gouvernement, désigner les chômeurs, ceux qui bénéficient du RSA comme les responsables, comme les coupables, comme les boucs émissaires de la crise", a déclaré le député socialiste de l'Essonne.

La présidente de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars), Nicole Maestracci, a dénoncé des propos "démagogiques" et une "grande méconnaissance de la réalité".

"La réalité aussi, c'est que Pôle emploi, qui devait accompagner les personnes bénéficiaires du RSA, a beaucoup de mal à le faire", a-t-elle dit sur France Info. "La contrepartie, personne ne s'y oppose, mais il faut que chacun remplisse ses devoirs".

Le président d'ATD Quart Monde, Pierre-Yves Madignier, a rejeté sur France 2 "une fausse bonne idée".

"Un calcul rapide montre que pour un couple avec deux enfants, la mesure consistera à leur 'piquer' 63 euros par mois. Soixante-trois euros par mois, pour des gens qui déjà ont beaucoup de mal à survivre, à qui est-ce que ça va rendre service ?", s'est-il demandé.

L'UMP, où de nombreuses voix appellent à durcir les conditions d'accès au RSA, tiendra une convention sur la justice sociale le 8 juin.

Le "père" du revenu de solidarité active, Martin Hirsch, a anticipé la riposte la semaine dernière en regrettant dans cette inflexion "une fausse bonne idée" et en défendant notamment une fusion du RSA avec le prime pour l'emploi, qu'il juge "coûteuse", "inefficace" et "inéquitable".

Interrogée lundi matin sur le dispositif avancé par Laurent Wauquiez, la ministre de l'Economie Christine Lagarde a parlé d'"une bonne mesure" sur le principe tout en précisant qu'elle n'en avait pas examiné les détails.

REUTERS