RMC

L’inquiétant "raz-de-marée de la misère" en France

-

- - AFP

Le Secours Populaire a publié ce mardi son baromètre sur la perception de la pauvreté en France. Selon ces chiffres, 35% des personnes interrogées affirment avoir vécu à un moment dans la pauvreté.

Une véritable "vague de misère". C'est le constat bien sombre dressé par le Secours Populaire. L'association publiait ce mardi son baromètre sur la perception de la pauvreté en France.

35% des personnes interrogées affirment avoir vécu à un moment dans la pauvreté. 4 sondés sur 10 éprouvent des difficultés pour payer leurs frais médicaux, 33% pour régler leur loyer. Plus inquiétant, plus d'1 sur 3 déclare peiner à assurer 3 repas par jours ou à régler la cantine.

Toutes les catégories de population sont touchées et la peur de basculer dans la précarité s'est diffusée. Cette angoisse touche aussi les enfants. Chez les 8-14 ans (tranche d'âge retenue pour le sondage), ils sont près de 6 sur 10 à craindre de devenir pauvre. 66% pensent qu'il leur sera difficile de trouver du travail.

"La crise, on dirait que c’est permanent, habituel", confie Louisa, 14 ans. "Et même pour le chômage, c’est inquiétant, car ça ne fait qu’augmenter."

"Au quotidien, les enfants voient le drame"

"J’ai peur de ne pas avoir de métier", renchérit Djibril. "Et mes parents ont peur que ne trouve pas de travail. La vie est dure, on n’est pas dans le monde des bisounours."

L'angoisses des enfants proviendrait de la situation difficile vécue par leurs parents, dans un contexte économique détérioré.

"Si les enfants sont si inquiets, c'est parce que leur parents le sont", explique le psychiatre Serge Hefez. "Les angoisses des parents se transmettent aux enfants. Les enfants les absorbent, ils s’imbibent de ce sentiment de déclassement, d’insécurité. Ils sont élevés là-dedans."

"Au quotidien, les enfants voient le drame", soutient de son côté Julien Lauprêtre est président du Secours populaire. "Le drame le plus évident est les sdf. Il y a aussi ce qu’ils entendent à la radio ou à la télévision. Ils sentent que la misère grandit autour d’eux. Il y a des mois et des mois que nous alertons et parlons d’un raz-de-marée de la misère. Car nous voyons grandir cette angoisse en particulier chez les enfants."

Gaëtan Delafolie et Amélie Rosique