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L'UMP dans l'embarras après le revers des cantonales

Le revers subi par le parti de Nicolas Sarkozy aux élections cantonales, qui s'accompagne d'une série de sondages prédisant au chef de l'Etat une défaite au premier tour de la présidentielle de 2012, met la majorité dans l'embarras. /Photo prise le 27 mar

Le revers subi par le parti de Nicolas Sarkozy aux élections cantonales, qui s'accompagne d'une série de sondages prédisant au chef de l'Etat une défaite au premier tour de la présidentielle de 2012, met la majorité dans l'embarras. /Photo prise le 27 mar - -

PARIS (Reuters) - Le revers subi par le parti de Nicolas Sarkozy aux élections cantonales, qui s'accompagne d'une série de sondages prédisant au...

PARIS (Reuters) - Le revers subi par le parti de Nicolas Sarkozy aux élections cantonales, qui s'accompagne d'une série de sondages prédisant au chef de l'Etat une défaite au premier tour de la présidentielle de 2012, met la majorité dans l'embarras.

Le Parti socialiste, malgré un succès large en voix (35,73%) relativisé par la très forte abstention (près de 55%), entre de son côté dans des turbulences, avec une compétition interne épineuse pour la candidature qui n'aboutira qu'en octobre.

Le Front national est susceptible d'embarrasser les deux camps car il a confirmé sa progression avec 11,73% au plan national, un score qu'il faut tripler voire quadrupler pour mesurer son résultat dans les cantons où il était présent.

Il n'a toutefois fait élire que deux de ses quelques 400 candidats restés en lice, à Carpentras (Vaucluse) et à Brignoles (Var), car il est toujours en mal d'alliés.

Lundi matin, le porte-parole du gouvernement François Baroin a paru très réservé sur le débat sur la "laïcité", nouveau nom du débat sur l'islam voulu par Nicolas Sarkozy et que l'UMP doit lancer dans les prochains jours.

L'option de porter le débat sur des thèmes propres au Front national était déjà critiquée à droite avant le second tour auquel l'UMP a finalement obtenu 20,21%, score très faible.

François Baroin veut refermer le débat sur la laïcité. "Il faut certainement mettre un terme à tous ces débats, puisque nous avons en partage, et l'immense majorité des Français a en partage ces valeurs républicaines", a-t-il dit sur France info.

Suggérant le vote avec la gauche d'une résolution parlementaire, sans portée normative, il a ajouté: "je crois qu'il faut s'écarter de tout ce qui, de près ou de loin, peut donner l'impression de stigmatiser".

CANDIDATURES DISSIDENTES À DROITE ?

Les centristes critiquent ouvertement l'option choisie par l'Elysée et l'ancien ministre Jean-Louis Borloo pourrait être tenté par une candidature dissidente en 2012.

Sont aussi présentés comme candidats potentiels l'ex-ministre de la Défense Hervé Morin, le centriste François Bayrou et l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin.

François Baroin a cependant réaffirmé que Nicolas Sarkozy devait être le seul candidat de la majorité.

"Il est indiscutablement le meilleur candidat, il est probablement le seul, non seulement pour nous qualifier pour le second tour de la présidentielle et probablement pour recueillir une majorité de suffrages", a-t-il dit.

Le Parti socialiste, qui contrôlait déjà 58 départements sur 100, a pris à la droite le Jura et les Pyrénées-Atlantiques et semble bien placé pour faire de même en Savoie, à La Réunion et à Mayotte au terme de l'élection des présidents jeudi. Il veut lancer sa campagne pour 2012.

L'ex-patron du parti François Hollande, qui a emporté la victoire en Corrèze, devrait annoncer officiellement dans les prochains jours sa candidature aux primaires de son parti, après Ségolène Royal et Arnaud Montebourg, notamment.

Il y a beaucoup d'autres candidats plus ou moins déclarés ou potentiels, le directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn étant le favori. Il annoncera sa décision l'été prochain.

"VOTE D'ADHÉSION" POUR LE FN

En attendant, la patronne du parti Martine Aubry a déclaré lundi vouloir lancer la campagne pour la présidentielle avec la présentation du projet début avril.

"Je sais que les Français nous attendent d'abord sur nos réponses. Nous allons présenter une cohérence, un projet, à la fois pour redresser la France, qui en a besoin (...), mais aussi pour rendre justice aux Français, recréer une société juste", a-t-elle dit sur France Inter.

Après presque dix ans d'opposition, les options du PS restent floues. Plusieurs sondages publiés dimanche soir créditent Dominique Strauss-Kahn d'une place de favori au premier tour de l'élection présidentielle, où il dépasserait largement les 30% des suffrages.

Marine Le Pen serait son adversaire au second tour, toujours selon ces sondages, qui ne prédisent une place au second tour pour Nicolas Sarkozy que dans le cas où Ségolène Royal serait, comme en 2007, la candidate socialiste.

Marine Le Pen s'est félicitée dimanche des "montées exceptionnelles" de son parti entre les deux tours, répétant, comme elle l'avait déclaré dimanche dernier, qu'il bénéficie dorénavant d'un "vote d'adhésion".

Elle va lancer la campagne visant à recueillir les 500 parrainages d'élus nécessaires pour sa candidature, un point qui avait été délicat en 2007 pour son père.

Thierry Lévêque, édité par Jean-Philippe Lefief

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