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L'UMP reconnaît la poussée de Marine Le Pen, exclut une alliance

L'UMP reconnaît la poussée de Marine Le Pen dans les intentions de vote pour l'élection présidentielle de 2012, qui s'explique selon des ténors du parti de Nicolas Sarkozy par l'inquiétude des Français. /Photo prise le 16 janvier 2011/REUTERS/Stéphane Mah

L'UMP reconnaît la poussée de Marine Le Pen dans les intentions de vote pour l'élection présidentielle de 2012, qui s'explique selon des ténors du parti de Nicolas Sarkozy par l'inquiétude des Français. /Photo prise le 16 janvier 2011/REUTERS/Stéphane Mah - -

PARIS (Reuters) - L'UMP a reconnu mardi la poussée de Marine Le Pen dans les intentions de vote pour l'élection présidentielle de 2012, qui...

PARIS (Reuters) - L'UMP a reconnu mardi la poussée de Marine Le Pen dans les intentions de vote pour l'élection présidentielle de 2012, qui s'explique selon des ténors du parti de Nicolas Sarkozy par l'inquiétude des Français.

La candidate du Front national arrive en tête du premier tour devant un socialiste - Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry ou François Hollande - et Nicolas Sarkozy, dans un sondage Harris Interactive, rappelant la qualification de son père pour le second tour en 2002.

Trois personnalités UMP, le ministre de l'Industrie Eric Besson, le secrétaire général du parti Jean-François Copé et son prédécesseur, le ministre du Travail Xavier Bertrand, ont expliqué ce résultat par l'inquiétude au sein de la population.

"Une frange des Français a peur de la mondialisation, a peur de la construction européenne, a peur que l'identité française se dissolve dans le libéralisme européen", a dit Eric Besson sur I>Télé. "Une autre part des Français a peur de l'étranger, de l'islam, d'un certain nombre de conditions de l'intégration."

Pour Jean-François Copé, "les scores du Front national sont le reflet des interrogations des Français" et "un signal d'alarme" à quatorze mois de l'élection présidentielle.

"Les interrogations face à une crise mondiale, financière, géostratégique, face à des risques liés à des immigrations incontrôlées, les problèmes de violence, tout cela évidemment génère la montée de l'extrême droite", a-t-il dit sur France Info.

Xavier Bertrand a pour sa part déclaré : "Je prends en compte l'interpellation, je prends en compte la protestation de nos concitoyens."

Déjà rejetée par Marine Le Pen, l'idée d'une alliance UMP-FN pour l'emporter en 2012 est exclue par ces poids lourds du parti de Nicolas Sarkozy.

"Il n'y aura pas d'alliance avec le Front national, que les choses soient claires une fois pour toutes", a dit Xavier Bertrand sur Europe 1.

Pour Eric Besson, "il n'y a pas de cette tentation au sein de l'UMP, au sein des centristes, aucun d'entre nous ne l'accepterait".

Pour expliquer le score de Marine Le Pen, le ministre de l'Industrie a évoqué une autre explication : la concentration du débat politique ces derniers mois sur des "affaires".

"C'est aussi le reflet de la médiocrité de nos débats politiques et de nos polémiques : ça fait des mois et des mois que l'on vit avec l'affaire Bettencourt, devenue malheureusement pour lui l'affaire Woerth, et deux mois qu'on a vécu avec les vacances d'une ministre en Tunisie", a-t-il dit.

Ancien ministre du Budget puis du Travail, Eric Woerth a quitté le gouvernement en novembre après des mois de polémique sur ses liens avec l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt. La ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie a quant à elle quitté son poste fin février en raison des troubles causés dans l'opinion par ses liens avec l'entourage du président tunisien déchu Zine Ben Ali.

Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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