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La primaire vue comme l'une des armes du PS face au FN

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La primaire présidentielle à gauche donnera force et légitimité au futur candidat socialiste à l'Elysée face au Front national, estime Olivier Ferrand, président de la fondation politique Terra Nova.

Les critiques s'accumulent au Parti socialiste contre le processus des primaires, qui raviverait les divisions internes à l'heure où le FN s'impose sur le devant de la scène politique, à quatorze mois de l'élection présidentielle.

Pour Olivier Ferrand, qui a conseillé le PS sur l'organisation de cette primaire prévue pour le mois d'octobre, "on répond à côté de la plaque" en proposant de l'annuler. "La primaire fait partie de la panoplie de réponses de la gauche au problème que pose le Front national", a-t-il déclaré à Reuters.

Marine Le Pen, qui a pris la direction du Front national en janvier, prédit sa qualification pour le second tour de la présidentielle en 2012, à l'appui de certains sondages d'opinion.

Face à cette montée du FN, dit Olivier Ferrand, il faut "avoir un projet crédible et audible - c'est en cours au PS - et rassembler son camp: c'est ce que permet la primaire".

La primaire, calquée sur des procédures utilisées par la gauche en Grèce ou en Italie, "permet de lutter contre la fragmentation de la gauche", explique le président de Terra Nova.

La primaire avait été conçue à l'origine comme un processus ouvert aux "partis frères" du PS mais ils ont tous décliné l'offre. "La situation actuelle invite à réévaluer les choix politiques et plus que jamais militer pour des primaires ouvertes à toute la gauche", estime Olivier Ferrand.

A ses yeux, même si la primaire reste un processus de désignation du seul candidat socialiste, "elle est utile face à Marine Le Pen parce qu'elle donne une dynamique au candidat".

Dynamique électorale d'abord, dit-il: "Un candidat choisi par un, deux ou trois millions d'électeurs a plus de poids que s'il est élu par 100.000 militants".

Dynamique militante, ensuite: "Pour ceux qui viennent voter, c'est la première étape pour participer à la future campagne présidentielle".

Dynamique personnelle enfin pour les candidats: "C'est une répétition de la présidentielle qui permet de roder les thèmes et les arguments de campagne".

Les "présidentiables" du PS se sont mis d'accord sur une charte éthique pour la campagne interne et il est prévu une "convention de réunification" des différentes écuries après le vote. Pour Olivier Ferrand, "toutes les garanties" sont donc réunies pour que le processus ne dégénère pas.

REUTERS