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La rivalité entre Eva Joly et Nicolas Hulot s'exacerbe

La rivalité entre Eva Joly et Nicolas Hulot s'exacerbe depuis qu'un sondage a présenté l'animateur de télévision comme le grand favori des Français pour incarner la candidature écologiste en 2012. /Photos d'archives/REUTERS

La rivalité entre Eva Joly et Nicolas Hulot s'exacerbe depuis qu'un sondage a présenté l'animateur de télévision comme le grand favori des Français pour incarner la candidature écologiste en 2012. /Photos d'archives/REUTERS - -

La rivalité entre Eva Joly et Nicolas Hulot s'exacerbe depuis qu'un sondage a présenté l'animateur de télévision comme le grand favori des Français pour incarner la candidature écologiste en 2012.

La rivalité entre Eva Joly et Nicolas Hulot s'exacerbe depuis qu'un sondage a présenté l'animateur de télévision comme le grand favori des Français pour incarner la candidature écologiste en 2012.

Pour Europe Ecologie-Les Verts (EELV), l'animateur d'Ushuaïa faisait jusqu'à présent figure de candidat providentiel mais hypothétique, à l'image du directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn chez les socialistes.

Mais l'enquête Ifop publiée le 6 février par le Journal du dimanche (JDD) consacrant deux pages à Nicolas Hulot a fait monter la tension à quelques mois de la primaire qui sera organisée pour choisir le candidat écologiste en 2012.

L'animateur y est en effet plébiscité par 61% des Français interrogés, contre 30% pour sa rivale, et même par 64% des sympathisants écologistes, contre 34%, alors qu'Eva Joly était donnée largement gagnante en interne.

Yanick Jadot, le directeur de campagne de l'ex-magistrate, voit dans ce sondage un élément d'une campagne concertée contre l'ex-magistrate, qui aurait le tort pour ses adversaires de porter "une alternative sans ambiguïté" à Nicolas Sarkozy.

"Il y a une attaque concertée contre Eva Joly, du 'Eva Joly bashing', car sa candidature dérange", dit-il lundi dans 20 Minutes.

Selon lui, Nicolas Hulot, s'il est candidat, "aura une attaque moins frontale sur l'Etat impartial ou le bilan de Nicolas Sarkozy".

Les écologistes avaient déjà cédé aux sirènes de la division lors de leur Conseil fédéral du 3O janvier, marqué par une sourde querelle entre les deux camps.

Les proches de Nicolas Hulot, qui souhaitent reculer la date des primaires, ont finalement obtenu que le choix du 24 juin, acquis lors d'un scrutin contesté, soit rediscuté.

HULOT S'IMPOSERAIT SANS PRIMAIRES

Son succès dans l'opinion risque d'encourager l'animateur à se lancer dans la bataille pour la présidentielle.

Selon le JDD, le candidat non-déclaré aurait rencontré la plupart des dirigeants Verts et même à deux reprises le socialiste Dominique Strauss-Kahn, dont il a acquis la certitude qu'il se présentera.

Nicolas Hulot étudierait également des sujets indispensables pour espérer obtenir l'aval des adhérents de EELV: le chômage, la dette ou l'immigration.

Il devrait annoncer sa décision en avril, après avoir tourné en Colombie l'un des derniers épisodes d'Ushuaïa.

Un attentisme n'est pas du goût d'Eva Joly. "Nicolas Hulot est un candidat de grande valeur, il est le bienvenu dans nos primaires, mais qu'il se décide ! Il est urgent qu'il lève cette hypothèque", déclare-t-elle dans Le Parisien.

Pour l'instant, Daniel Cohn-Bendit, qui fait figure de chef de file d'EELV, et l'altermondialiste José Bové affichent une relative neutralité.

Daniel Cohn-Bendit constate néanmoins dans Libération que le duel Joly-Hulot rend les écologistes "complètement malades".

Selon le JDD, l'offensive des partisans de l'animateur intervient au moment où le doute commence à tarauder les partisans d'Eva Joly au vu de ses récentes interventions.

Seul challenger déclaré d'Eva Joly, le député de Paris Yves Cochet se dit prêt à s'effacer si Nicolas Hulot décide de se présenter. Mais dans cette hypothèse, affirme-t-il, l'élan en faveur de l'animateur sera tel qu'il n'y aura pas de primaires.

"Nicolas veut être soutenu par EELV, mais ne veut pas être le candidat d'EELV", précisait récemment Pascal Durand, proche de Nicolas Hulot, dans Libération.

Yanick Jadot nie pourtant tout "lâchage" de l'ancienne juge d'instruction ou tout "malaise" sur sa candidature.

"Quand il n'y avait qu'Yves Cochet en rival, c'était évident pour tout le monde. Là, si Nicolas Hulot se décide, cela ferait deux bons candidats. C'est donc normal qu'il y ait débat", dit-il.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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