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Le cardinal Barbarin annonce qu'il va remettre sa démission au pape

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Le cardinal Barbarin condamné à 6 mois de prison avec sursis a été condamné pour non-dénonciation d'abus sexuels par le tribunal correctionnel de Lyon.

Le cardinal Philippe Barbarin a été condamné jeudi par le tribunal correctionnel de Lyon à six mois de prison avec sursis pour la non-dénonciation des agressions pédophiles d'un prêtre de son diocèse.

Alors que ses avocats ont immédiatement annoncé faire appel, vers 13h, le cardinal a annoncé qu'il va remettre sa démission au pape "dans les prochains jours", après avoir "pris acte" de sa condamnation à six mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé les abus sexuels d'un prêtre lyonnais.

"J'ai décidé d'aller voir le Saint Père pour lui remettre ma démission. Il me recevra dans quelques jours", a indiqué devant la presse l'archevêque de Lyon après avoir dit "prendre acte de la décision du tribunal". "Indépendamment de mon sort personnel, je tiens à redire toute ma compassion pour les victimes", a-t-il ajouté.

Absence lors du jugement, la présidente du tribunal Brigitte Vernay avait déclaré coupable Philippe Barbarin de non-dénonciation de mauvais traitements" envers un mineur entre 2014 et 2015.

"La motivation du tribunal ne me convainc pas. Nous allons donc contester cette décision par toutes les voies de droit utiles", a indiqué Jean-Félix Luciani, en relevant qu'il "était difficile pour le tribunal de résister à une telle pression avec des documentaires, un film... Ça pose de vraies questions sur le respect de la Justice", a relevé l'avocat.

Pour les cinq autres prévenus, le tribunal a considéré que les faits étaient, selon les cas, soit pas constitués soit prescrits et n'a donc pas prononcé de condamnation à leur encontre.

"Une grande émotion historique"

Pour Yves Sauvayre, l'un des avocats des parties civiles, "La responsabilité et la culpabilité du cardinal ont été consacrés par ce jugement. C'est un symbole extraordinaire. Une grande émotion historique", a-t-il relevé. L'un des plaignants, François Devaux, cofondateur de l'association de victimes La Parole libérée, a lui rapidement salué "une grande victoire pour la protection de l'enfance".

Les six mis en cause étaient poursuivis pour "non-dénonciation d'agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans". Des abus imputés au père Bernard Preynat, qui n'a pas encore été jugé pour ces faits antérieurs à 1991. 

Le cardinal Barbarin et Régine Maire, ancienne bénévole du diocèse de Lyon, étaient aussi poursuivis pour "omission de porter secours": on leur reprochait d'avoir laissé Preynat au contact d'enfants, dans l'exercice de ses fonctions, jusqu'en septembre 2015.