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Le "cri d'alarme" d'un artisan-menuisier à François Hollande

Un artisan demande de l'aide à François Hollande (illustration)

Un artisan demande de l'aide à François Hollande (illustration) - ERIC FEFERBERG / AFP

Olivier Loiseau est menuisier-charpentier en Vendée. A la tête d'une petite entreprise, "au bord du gouffre", il a adressé dans la semaine une lettre ouverte à François Hollande pour faire part de ses difficultés. Il s'en explique ce vendredi sur RMC.

La situation économique s’améliore peut-être en France au vu des derniers chiffres de la croissance, mais pas pour tout le monde. C'est dans ce contexte qu'Olivier Loiseau, 54 ans, un entrepreneur vendéen "au bord du gouffre", pousse un cri du cœur. Cet artisan-menuisier, de père en fils depuis 1910, a adressé une lettre ouverte au président Hollande publiée ce mardi dans le magazine spécialisé dans le BTP, Le Moniteur. En effet, l'année 2015 a mal commencé pour sa société: il a dû se séparer de quatre salariés sur un effectif total de 37. Et il ne sait pas combien de temps il pourra encore continuer, comme il l'explique ce vendredi à RMC.

"Ce cri d'alarme, j'ai la chance de pouvoir le pousser parce que certains n'ont même plus les moyens, l'énergie de le faire. Nous, on a la chance d'être au bord du gouffre… C'est-à-dire que si on met un pied de travers, on tombe dedans nous aussi. On n'est pas à l'abri de la moindre erreur qui va faire que, comme certains collègues, que l'on va devoir fermer l'entreprise", explique-t-il. Et Olivier Loiseau de s'improviser porte-parole d'une filière sinistrée.

"On est fatigué de se battre"

"On se bat contre des choses administratives, juridiques… Autant d'épée de Damoclès au quotidien qu'on ne maîtrise pas", assure-t-il. Mais dans son malheur, ce menuisier-charpentier se dit heureux que ses neveux et ses nièces prennent la relève de l'entreprise. Il est cependant las de se battre pour faire tenir l'affaire familiale: "On est fatigué de se battre mais ça ne veut pas dire que l'on va laisser tomber. On tient à notre esprit, à notre entreprise et on a des clients qui nous font confiance et qui veulent travailler avec nous pour ses raisons là".

Olivier Loiseau défend aussi la particularité et la spécificité de son métier, de sa société: "Si aujourd'hui tout est mondialisé, nous on est comme le boulanger, le boucher: on n'est pas sur un marché international avec une mise en concurrence. On est en réalité représentant de l'économie locale".

Maxime Ricard avec Marion Dubreuil