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Le débat sur la laïcité empoisonne la majorité

Les appels à annuler le débat sur la laïcité et l'islam, prévu par l'UMP la semaine prochaine, se multiplient et lézardent un peu plus une majorité ébranlée par son récent échec aux élections cantonales. Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP et

Les appels à annuler le débat sur la laïcité et l'islam, prévu par l'UMP la semaine prochaine, se multiplient et lézardent un peu plus une majorité ébranlée par son récent échec aux élections cantonales. Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP et - -

PARIS (Reuters) - Les appels à annuler le débat sur la laïcité et l'islam, prévu par l'UMP la semaine prochaine, se multiplient et lézardent un peu plus une majorité ébranlée par son récent échec aux élections cantonales.

PARIS (Reuters) - Les appels à annuler le débat sur la laïcité et l'islam, prévu par l'UMP la semaine prochaine, se multiplient et lézardent un peu plus une majorité ébranlée par son récent échec aux élections cantonales.

Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP et promoteur du débat, se heurte à une opposition chaque jour plus forte dans son propre camp.
Nombre de ténors de droite tentent de limiter l'impact d'un débat que François Bayrou qualifie de "poison" et qui est dénoncé d'une même voix par les six grandes religions de France.

"Ce n'est pas le premier sujet qui préoccupe nos compatriotes", a dit mercredi le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, citant l'emploi ou le pouvoir d'achat comme des sujets plus importants.

Pour l'ancien ministre de l'Industrie Christian Estrosi, le débat était "un rendez-vous intéressant" quand Nicolas Sarkozy l'a décidé en janvier mais les révolutions arabes ont changé en partie la donne. "Nous voyons qu'une certaine partie des Français se sont sentis stigmatisés", a-t-il estimé sur France 2.
Le débat sur la laïcité, "est-ce que c'est la préoccupation du jour ?", s'est interrogé le député-maire de Nice, préférant que la droite retrouve sa vocation "populaire et sociale".

DÉBAT "INOPPORTUN"

Dans son éditorial daté de jeudi, le journal Le Monde appelle Nicolas Sarkozy à "emprunter le chemin de la sagesse" en renonçant à un débat "inopportun et déplacé".

Sur la même ligne, le président du MoDem a réclamé mercredi l'annulation du débat qui doit se tenir dans un grand hôtel parisien mardi prochain. "Ce serait un bon signe, un signe d'apaisement et de sagesse", a-t-il estimé sur RMC et BFM TV.
A ses yeux, l'UMP utilise le débat pour s'attirer les faveurs des électeurs du Front national.
Pour qu'il ne soit pas entre les mains d'un parti, le débat doit se tenir "dans le cadre de l'Assemblée nationale où les représentants des grandes sensibilités religieuses et philosophiques pourraient s'exprimer", a estimé François Bayrou.

Même analyse pour Dominique de Villepin pour qui "ce n'est pas au parti majoritaire de lancer un tel débat".
"C'est un débat d'intérêt général, d'intérêt national", a dit l'ancien Premier ministre lors de l'émission Questions d'info LCP-France Info-AFP.
Face aux souffrances des Français, "il faut donner la priorité à leurs vraies préoccupations" telles que l'emploi ou le pouvoir d'achat, a-t-il ajouté.

Dans une tribune commune publiée par Le Parisien, les représentants des grandes religions de France s'opposent au débat dans sa forme actuelle. Ils recommandent "pendant cette période pré-électorale, de bien garder sereinement le cap en évitant amalgames et risques de stigmatisation".

"On ne dit pas non à un débat mais pas n'importe comment", a précisé Bernard Podvin, porte-parole des évêques de France, sur i>Télé. Pour lui, "le risque de stigmatiser est réel".

COPÉ NE DÉSARME PAS

Malgré ces volées de critiques, dont beaucoup viennent de l'opposition, la direction de l'UMP ne désarme pas.

Jean-François Copé défend mercredi son initiative dans une "Lettre à un ami musulman" publiée par L'Express.
"Depuis des semaines, tout ce que Paris compte d'imprécateurs et de polémistes aura fait de son mieux pour déformer nos intentions. On aura tout tenté: manipulations,, insultes, intimidations. Quoi de plus essentiel, pourtant, que de rappeler notre attachement à ce précieux principe de laïcité", écrit le secrétaire général de l'UMP.
Selon Marc-Philippe Daubresse, secrétaire-général adjoint de l'UMP, ce débat va aboutir à des "préconisations" concrètes. "Vous verrez qu'il y a des mesures précises et que ces mesures sont adaptées à tous les cultes", a-t-il promis lors d'une rencontre avec la presse parlementaire, se défendant de toute stigmatisation.

La ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, a ouvert des pistes. "Il nous manque peut-être en France aujourd'hui une formation à la laïcité, un diplôme sur la laïcité et les principes républicains" pour aider toutes les personnes responsables de cultes, les DRH, les agents du service public, a-t-elle suggéré sur France Info.

Laure Bretton, avec le service France, édité par Patrick Vignal

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