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Le FN fera place à un rassemblement en 2012 , dit Marine Le Pen

Marine Le Pen entend présenter des candidats aux législatives de 2012 sous l'étiquette d'un rassemblement et non du Front national, dont elle souhaite accélérer la transformation en parti de gouvernement, à l'opposé du parti protestataire dont elle a pris

Marine Le Pen entend présenter des candidats aux législatives de 2012 sous l'étiquette d'un rassemblement et non du Front national, dont elle souhaite accélérer la transformation en parti de gouvernement, à l'opposé du parti protestataire dont elle a pris - -

Marine Le Pen entend présenter des candidats aux législatives de 2012 sous l'étiquette d'un rassemblement, et non plus du Front national, étape en vue de sa transformation en parti de gouvernement.

Cette mutation, dont l'ampleur dépendra de la performance de la présidente du FN en 2012, s'opérera "dans l'esprit" de la campagne présidentielle, a-t-elle déclaré mercredi à Reuters.

Marine Le Pen, que plusieurs sondages donnent au second tour du scrutin présidentiel devant Nicolas Sarkozy, s'y présentera en effet en son nom, dans un "rapport direct" avec les Français, comme le veut la tradition sous la Ve République.

"Si nous faisons une présidentielle très positive, l'objectif est d'organiser pour les législatives un pôle de rassemblement à vocation majoritaire", dit-elle.

"Il s'agit de transformer le Front national en parti majoritaire. Il va être temps", ajoute-t-elle.

Marine Le Pen, qui a exclu jusqu'à présent toute alliance avec l'UMP, précise qu'un tel rassemblement ne s'appuiera pas sur des partis - que le FN ne cesse de fustiger - mais sur des individualités.

"On est bien conscients qu'on aura besoin de rassembler tous les patriotes de droite ou de gauche", explique-t-elle.

La présidente du FN rappelle que son parti avait déjà expérimenté cette idée de rassemblement en 1986, lorsqu'il avait obtenu près de 10% des voix aux législatives, ce qui lui avait permis de constituer un groupe parlementaire de 35 députés, à l'égal du Parti communiste.

PARTI "TOTALEMENT RÉPUBLICAIN"

"Dans ce rassemblement national, nous avions des gens venus du CNI (Centre national des indépendants) et du RPR", dit-elle.

Aux côtés d'une quinzaine de frontistes au passé marqué, figuraient une quinzaine de "nouveaux" aux profils assez proches de ceux des classiques députés de base.

Marine Le Pen, qui a succédé à Jean-Marie Le Pen en janvier, s'efforce de longue date de transformer le mouvement protestataire fondé par son père en parti à vocation majoritaire et récuse le qualificatif d'extrême droite.

"Nous sommes un parti totalement républicain", insiste-t-elle, soulignant que le ministère de l'Intérieur lui-même ne classe pas le FN à l'extrême droite.

Elle affirme qu'un "certain nombre" de candidats ont fait appel au FN pour être élus au second tour des élections cantonales dimanche prochain et que ceux qui étaient de l'UMP se sont vus opposer un refus.

En revanche, la réponse a été positive "pour un certain nombre de candidats divers droite qui se sont toujours correctement tenus à l'égard du Front national, qui font du bon travail dans leur canton", a-t-elle précisé sur Europe 1.

Le FN, qui n'a pour l'instant aucun conseiller général, a effectué au premier tour une percée qui pourrait lui permettre de gagner ses premiers cantons.

Louis Aliot, le vice-président du FN, a évoqué mercredi "une ou plusieurs dizaines" de sièges.

Prenant pour exemple ses scores élevés au second tour de plusieurs scrutins dans son ancien fief d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Marine Le Pen affirme que le FN a "partout des réserves de voix".

"Beaucoup d'électeurs de gauche préfèrent le FN à l'UMP. Je ne pense pas que les électeurs vont suivre les consignes de vote données par les vieux partis", dit-elle.

REUTERS