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Le maire d'Ajaccio : "Il y a en Corse, comme ailleurs, une montée de l'islamophobie"

Laurent Marcangelli, député maire LR d’Ajaccio, était l'invité d'RMC ce lundi, au lendemain d'une nouvelle manifestation d'habitants dans le quartier des Jardins de l'Empereur, théâtre de violences et d'actes racistes depuis l'agression de deux pompiers et d'un policier dans la nuit de noël.

Il sentait "la tension monter" ces derniers mois et n'a pas été surpris par les violents incidents de ces derniers jours, à Ajaccio. Le maire (Les Républicains) de la ville, Laurent Marcangelli, est revenu ce lundi chez Jean-Jacques Bourdin sur l'agression de deux pompiers et d'un policier la nuit de noël dans un quartier défavorisé de la commune, et les manifestations violentes qui ont suivies : plusieurs centaines de manifestants, des slogans racistes, et une mosquée vandalisée.

"Ce serait malhonnête de vous dire que je suis surpris, réagit Laurent Marcangelli sur RMC. La lecture des réseaux sociaux ces derniers mois, notamment suite aux attentats du 13 novembre, laissent à penser que dans notre pays tout entier - la Corse n'est pas une exception -, il y a une montée de la xénophobie, de l'islamophobie, et une colère de moins en moins contenue qui s'exprime de plus en plus ouvertement". 

Il estime que les auteurs des cris racistes et des violences sont organisés en "petits groupuscules qui utilisent avec maestria les réseaux sociaux pour divulguer de fausses infos et faire monter la pression". "Oui, il en existe en Corse comme ailleurs. Peut-être sont-ils moins nombreux chez nous, mais ils sont tout de même présents", regrette le maire d'Ajaccio.

"En Corse, les gens en colère ne le cache pas"

Pour Laurent Marcangelli, les manifestants qui se sont rendus dans le quartier des Jardins de l'Empereur, composaient "une foule hétéroclite". "Vous aviez beaucoup de jeunes qui ont suivi le mouvement, des gens qui voulaient exprimer leur mécontentement, des gens qui avaient peur que la justice ne trouvent pas les coupables, et des personnes qui étaient animés d'idées contraires à ce que pensent une immense majorité de nos citoyens".

Le maire évoque là les manifestants qui ont crié des slogans racistes comme "les arabes dehors" ou "on est chez nous". Des propos que l'on n'a pas l'habitude d'entendre sur le continent. "C'est peut-être ce qui fait la spécificité de la Corse, où le FN ne réalise que 10% des voix mais où quand les gens sont en colère, il ne le cache pas et s'expriment de manière ouverte", explique Laurent Marcangelli.

"Une cinquantaine de voyous dans ce quartier"

Sans excuser la violence et le racisme, bien au contraire, le maire Les Républicains note toutefois à propos du quartier des Jardins de l'Empereur : "Quand vous avez une ligne de bus qui ne passe pas, quand les agents municipaux et le Samu sont agressés, quand les écoles sont vandalisées à longueur d'année et quand les pompiers sont caillassés le jour de noël, certains peuvent exprimer leur émotion avec des mots assez forts". C'est pourquoi il appelle au rétablissement de "l'ordre au long cours" dans ce "quartier enclavé" qui connaît "une forte montée du communautarisme, y compris religieux". S'il y a dans ce quartier "une cinquantaine de voyous", l'élu a toutefois rejeté le terme de "zone de non droit", avancé par Éric Ciotti, le monsieur sécurité des Républicains.

Philippe Gril avec JJ. Bourdin