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Le Mondial de l'Auto n'est pas has-been

Vue du Mondial de l'Auto 2014.

Vue du Mondial de l'Auto 2014. - Flickr CC - Rog01

S'il avoue que le Mondial de l'auto, qui s'ouvre ce samedi au public à Paris, avait fini par ronronner, François Roudier, représentant des constructeurs français estime que le salon est toujours indispensable et ne croit pas à un désintérêt des Français pour la voiture.

Des marques absentes - Ford, Mazda, Volvo, Aston Martin… -, des budgets en baisse et un climat (sans jeu de mot) pas forcément favorable à la voiture - journées sans voitures, fermeture des voies sur berge à Paris, partage de la voirie… - on pourrait se demander si le concept même de grand salon de l'automobile est encore pertinent aujourd'hui. Oui, répond sur RMC.fr François Roudier, porte-parole du Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA), interrogé juste avant que ne s'ouvre ce samedi 1er octobre le Mondial de l'Automobile 2016, porte de Versailles, à Paris.

"Il y a beaucoup de questionnements sur tous les salons automobiles dans le monde. Et c'est vrai que l'ancien Mondial de l'Auto parisien - où en fait l'organisateur ne faisait que vendre des mètres carrés et des publicités -, ne correspondait plus à la réalité. Le Mondial tel qu'il était, était très daté années 80, 90. Les marques automobiles, qui sont les clients du salon, veulent aujourd'hui un évènement et quelque chose de très haute technologie, puisque ce qu'ils présentent aujourd'hui sur leurs stands ne sont plus forcément des voitures: ils vendent énormément de choses liées à la voiture connectée, et on a même de nouveaux clients comme BlaBlaCar (site d'autopartage) ou Voitures noires (VTC), qui ne sont pas des vendeurs de voiture. On est en 2016 dans un salon de transition, et on aura en 2018 un format de salon qui sera vraiment totalement adapté".

"1 visiteur sur 4 va acheter une voiture dans les 6 mois"

C'est vrai que cette année des marques comme Mazda et Ford ne viennent pas, mais ce n'est pas par désintérêt et ces marques ne représentent qu'une toute partie du marché français. D'autres ne sont pas venues parce qu'elles ont des difficultés économiques et n'avaient pas les moyens de concurrencer des stands où le plafond de lumière coûte 1 million d'euros (Mercedes, BMW). Mais si blablacar vient au salon, c'est qu'il y trouve un intérêt.

Le Salon reste quand même très important. Pour le public déjà, puisque un visiteur sur quatre va acheter une voiture dans les six mois. Et ce qui lui plaît en venant ici, c'est qu'il peut s'asseoir dans les trois modèles entre lesquels il hésite. Sa décision d'achat va surement être prise parce qu'il aura été convaincu par un des modèles exposés au salon. Si vous ne venait pas au Mondial quand vous êtes une marque, vous vous privez d'un vivier de 300.000 clients.

"Les geeks vont aimer la nouvelle voiture connectée"

S'il y a une baisse d'intérêt pour la voiture ? Attention à ne pas se focaliser uniquement sur ce qu'on pense sur Paris, où l'on ferme les voies sur berge aux automobilistes. Les études nous montrent que 90% des gens sont favorables à la voiture, et vous avez 80% des gens qui utilisent leur voiture tous les jours pour aller travailler. On a toujours des fanatiques que la voiture fait rêver - un visiteur sur quatre du Mondial est un fanatique de voiture déclaré. Et d'autres pour qui la voiture n'est qu'un outil qui doit être fiable et économique. Mais les gens ont besoin de mobilité et la voiture est l'élément central de la mobilité. Ça passe surement par de l'auto-partage - regardez comment BlaBlaCar a tué les TER en province -.

On voit qu'il y a un intérêt de la voiture qui n'est plus forcément uniquement lié à la belle carrosserie. Vous avez des geeks qui vont aimer la nouvelle voiture connectée avec à l'intérieur un monde un peu Star Wars (sic). Le plaisir de la voiture bouge. Pour nous les constructeurs, on se retrouve comme en 1880 avec le début de la voiture. On se lance de de nouveaux projets et de nouveaux usages. On sait que si on ne le fait pas on va disparaître".

Philippe Gril