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Le pacte Aubry-DSK-Royal hérisse les présidentiables du PS

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PARIS (Reuters) - Plusieurs présidentiables socialistes ont dénoncé jeudi les "arrangements" au sommet entre Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn...

PARIS (Reuters) - Plusieurs présidentiables socialistes ont dénoncé jeudi les "arrangements" au sommet entre Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn et Ségolène Royal en vue de la primaire pour désigner le candidat du parti pour 2012.

Le premier secrétaire du PS a confirmé mercredi l'entente qui la liait avec le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) et l'ancienne candidate à l'Elysée: ils décideront "véritablement ensemble" d'une candidature unique à l'investiture présidentielle.

"Une élection présidentielle, c'est pas un arrangement", a regretté François Hollande, qui fait chaque jour un pas de plus vers une candidature sans s'être officiellement déclaré.

Pour Pierre Moscovici, qui pourrait être candidat si Dominique Strauss-Kahn ne l'était pas, les déclarations de Martine Aubry menacent le principe même de la primaire.

"Nous sommes en train de lancer nos primaires, et on ne peut pas à la fois les ouvrir et (...) les fermer", a-t-il expliqué sur Radio Classique, jugeant les propos de Martine Aubry "pour le moins bizarres".

Sur France Info, la dirigeante du PS a réfuté ces attaques, se plaçant sous le signe de la "responsabilité".

"Que certains soient impatients, je peux le comprendre", a-t-elle dit, en estimant que si trois dirigeants "se disent: 'nous sommes des responsables, nous voulons que la gauche gagne d'abord nous préparons un projet et ensuite nous réfléchirons ensemble à celui qui est le mieux placé' (...) j'appelle ça de la responsabilité".

RENCONTRE ENTRE STRAUSS-KAHN ET ROYAL

La maire de Lille a confirmé le calendrier de la primaire, une procédure inédite en France: dépôt des candidatures en juin et scrutin à l'automne.

"J'ai un côté un peu bête et méchant, je fixe des règles et j'essaie de les respecter", a dit Martine Aubry, qui refuse de brûler les étapes.

"J'ai toujours dit que je me déciderais le moment venu", a-t-elle souligné, en écho aux propos de Dominique Strauss-Kahn qui a déclaré mi-novembre qu'il n'avait aucune raison de se "singulariser" en annonçant sa décision avant les autres.

Le patron du FMI, archifavori selon les sondages, a rencontré la semaine dernière Ségolène Royal lors de son passage à Paris mais rien n'a filtré de leur entretien.

Sur Europe 1, Laurent Fabius a dit avoir "une idée" de ce que Dominique Strauss-Kahn envisageait, sans donner de détails.

"Le pays a besoin de changer d'orientation politique. Cela passe par la gauche et Dominique Strauss-Kahn est peut-être le mieux placé pour aller dans ce sens-là", a dit l'ancien Premier ministre, pour qui le "pacte" tripartite n'est "pas un scoop".

Pour François Hollande, cette entente reviendrait à transformer la primaire en simple procédure de ratification.

"Je ne suis pas là pour me déterminer par rapport à tel ou tel pacte, je suis là pour dire: 'moi, est-ce que j'ai une place non pas dans la primaire mais dans le pays pour défendre des options et des choix'", a fait valoir le député de Corrèze sur

RTL.

"Une élection présidentielle, c'est pas un arrangement. On ne se dit pas qu'on va être candidat parce qu'on aura mené telle ou telle négociation ou compromis: c'est une compréhension de son propre pays et une volonté de porter un projet", a-t-il dit.

Laure Bretton, édité par Yves Clarisse

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