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Le "pacte de Marrakech" sur les migrations approuvé malgré les polémiques en Europe

Décrié chez les nationalistes et certains "gilets jaunes" en France, le Pacte mondial sur les migrations des Nations unies a été formellement approuvé lundi à Marrakech, après la proclamation orale et le traditionnel coup de marteau, devant quelques 150 pays réunis en conférence intergouvernementale.

Le Pacte mondial sur les migrations des Nations unies a été formellement approuvé lundi à Marrakech (Maroc), après la proclamation orale et le traditionnel coup de marteau, devant quelques 150 pays réunis en conférence intergouvernementale.

"Ce moment est le produit inspiré d'efforts", a déclaré le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, à l'ouverture des débats. "Nous ne devons pas succomber à la peur ou aux faux narratifs" sur la migration, a-t-il dit. M. Guterres a dénoncé les "nombreux mensonges" propagés sur cet accord, qui doit désormais faire l'objet d'un ultime vote de ratification, le 19 décembre à l'Assemblée générale des Nations unies.

Ce pacte mondial sur les migrations a été ratifié par plus de 120 pays. Six Etats européens ont annoncé qu'ils boycotteraient ce texte (Autriche, Bulgarie, Hongrie, Pologne, République Tchèque et Slovaquie). D'autres Etats non-européens également comme l'Australie ou encore Israël).

La France sera représentée par le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des Affaires européennes, Jean-Baptiste Lemoyne, Emmanuel Macron étant retenu à Paris par la crise des "gilets jaunes".

L'Europe divisée, les USA ont carrément refusé de participer à l'élaboration du texte

Ce texte fait débat en France, malgré beaucoup d'intox sur le sujet. Marine Le Pen a dénoncé samedi un "pacte avec le diable", le "pacte de la submersion mondiale". En Belgique, quatre ministres nationalistes ont carrément quitté le gouvernement dimanche pour exprimer leur désaccord avec ce pacte.

Attention aux "fadaises et aux manipulations" a rétorqué dans la foulée le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves le Drian, rappelant que ce texte est non-contraignant juridiquement, et qu'il appelle seulement à plus de coopération entre les pays pour assurer les droits fondamentaux des 258 millions de migrants dans le monde.

Mais rien n'y fait, l'Europe est divisée. A l'Ouest des pays plutôt favorables. Les pays d'Europe centrale en revanche, Hongrie, Autriche, République Tchèque ont finalement décidé de ne pas signer le pacte déclarant craindre pour leur souveraineté. Quant aux USA, ils ont carrément refusé de participer à l'élaboration du texte dès décembre 2017, pour les même raisons.

Cécile Costes (avec J.A)