RMC

Le Sarkozy-candidat, c’est même à Noël

-

- - -

Des vérités et contre-vérités circulent ces jours-ci sur Nicolas Sarkozy. On a par exemple entendu dire que le président pourrait rejoindre sa femme et sa fille à Marrakech. Ça, déjà, c’est faux.

Je maintiens ce que j’ai dit lundi : cette année, Sarkozy reste à Paris. Il n’ira pas se dorer au soleil bling-bling de Marrakech. Ce qui est vrai, c’est que sa femme Carla et sa fille Giulia y sont depuis quelques jours, mais elles vont revenir à Paris en fin de semaine.

Noël avec ses enfants

Nicolas Sarkozy va passer Noël en famille dans le froid parisien : outre Carla et Giulia, il y aura Louis, le fils que le président a eu avec Cécilia, qui arrive des Etats-Unis, et les deux autres enfants du chef de l’Etat, Pierre et Jean. Voilà pour le côté people, qui est éminemment politique car Sarkozy veut montrer qu’il est un bon père de famille…pour la France ! En ce moment, il fait attention à chaque symbole.

La campagne du président bel et bien lancée

Hier soir, et c’est un secret, il a reçu six ministres à dîner à l’Elysée : Xavier Bertrand, Laurent Wauquiez, Nathalie Kosciusko-Morizet, Eric Besson, David Douillet et Edouard Courtial, sans compter son fidèle ami Brice Hortefeux. Le chef de l’Etat a étonné ses invités, parce qu’il croit en sa victoire. « Il pense qu’il peut faire ce que nul n’a fait : être à la fois le président sortant et un candidat anti-système », m’a raconté un des convives. Sarkozy leur a fait part de sa volonté de « rompre avec lui-même ».

L’objectif pour 2012 : montrer un nouveau sarkozysme

C’est un leitmotiv chez lui, ces temps-ci. Il le dit à la plupart de ses interlocuteurs. Il ne se contente plus de dire « j’ai changé », il parle de « rupture avec soi-même ». Il faut bien voir que l’idée de rupture est essentielle à ses yeux. Sarkozy est convaincu qu’on ne peut gagner une élection présidentielle qu’en incarnant une forme de rupture. Il pense qu’il a triomphé en 2007 parce qu’il a réussi, par un talentueux tour de passe-passe politique, à faire croire que le sarkozysme, c’était la rupture avec le chiraquisme. Là, les choses se corsent encore : il a l’ambition de montrer qu’il y a un nouveau sarkozysme, en rupture avec l’ancien (et vilain…) sarkozysme.

Un livre en préparation ?

Nicolas Sarkozy a compris que, dans un pays judéo-chrétien comme le notre, sa rédemption politique passait par un acte de contrition, voire de repentir. C’est pour ça que quelques-uns de ses conseillers lui suggèrent de s’adresser aux Français par écrit en revenant sur ses erreurs et notamment sur certains de ses comportements passés.
Franck Louvrier, le conseiller en communication de l’Elysée, assure que Nicolas Sarkozy n’a rien décidé du tout concernant la lettre ou le livre qu’il a décidé d’écrire et que c’est une « pure invention ». La vérité, c’est qu’à l’Elysée, les conseillers du président se font la guerre entre eux. Il y a ceux qui, comme Camille Pascal, le nouveau chouchou de Sarkozy, défendent devant le président – et les journalistes… - l’idée d’une lettre ou d’un livre. Franck Louvrier s’énerve : « Et pourquoi pas un film ou un fax ? », ironise-t-il. Le fax, Jospin l’a fait, avec le succès que l’on sait. Le film, personne n’a encore osé.

Écoutez la chronique d'Anna Cabana, "Les coulisses de la politique" de ce mercredi à 7h20.

Anna Cabana