RMC

Le site de Bure va-t-il se transformer en nouvelle ZAD?

Des opposants au site de Bure ont établi un camp de protestation

Des opposants au site de Bure ont établi un camp de protestation - JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

Ce village de la Meuse doit accueillir d'ici 10 ans un centre d'enfouissement de déchets radioactifs. Mais depuis samedi, plusieurs centaines d'opposants au projet sont réunis sur un terrain privé de Luméville en Ornois, tout près de Bure. Face à cette mobilisation, plusieurs élus locaux craignent de voir le camp se transformer en ZAD (Zone à défendre), sur le modèle de celles de Notre-Dame-des-Landes et de Sivens.

Depuis samedi, plusieurs centaines d'opposants au projet sont réunis sur un terrain privé de Luméville en Ornois, tout près de Bure, village de la Meuse qui doit accueillir d'ici 10 ans un centre d'enfouissement de déchets radioactifs. Ce camp regroupe des militants altermondialistes, des écologistes... pendant dix jours, ils organisent débats, rencontres et tables rondes. Les thèmes abordés sont les méthodes de mobilisation ou de pression sur le gouvernement face au projet d'enfouissement des déchets nucléaire. On discute aussi de la COP 21 ou du TAFTA, le traité de libre-échange avec les Etats-Unis.

Mais pour ces opposants, il n'est pas question de créer une nouvelle ZAD (zone à défendre). Dans quelques jours, comme l'explique John, l'un des porte-paroles, ils partiront: "On n'a jamais utilisé le mot ZAD dans tout ce qu'on a communiqué. Nous ne sommes pas dans une perspective d'occupation mais de comment ancrer une résistance sur tout un territoire. Et ça, ça ne passe pas par l'occupation d'un terrain mais en disant que l'on va bloquer physiquement l'avancer de travaux". 

"Ne pas laisser s'installer ces groupuscules anarchistes"

Face à cette mobilisation, plusieurs élus redoutent tout de même de voir le camp se transformer en ZAD, sur le modèle de celles de Notre-Dame-des-Landes et de Sivens. C'est le cas de Sébastien Huyghe, député du Nord et porte-parole des Républicains. Sur RMC ce mercredi, il demande à ce que les opposants soient rapidement délogés du site: "C'est dangereux de laisser s'installer ce genre de groupuscule parce que, on l'a vu, cela peut dégénérer et entraîner des débordements avec des blessés voire des morts d'homme".

"J'appelle donc le gouvernement a réagir au plus vite et ne pas laisser s'installer des groupuscules d'extrême gauche, anarchistes… ceux qu'il est convenu aujourd'hui d'appeler des Zadistes", poursuit-il avant d'estimer que "le gouvernement doit faire respecter l'état de droit et les décisions qui ont été prises dans le cadre légal".

"Une forme d'expression démocratique"

De son côté Martine Billard, secrétaire nationale à l'écologie du Parti de Gauche, considère au contraire qu'il faut laisser cette opposition pacifique s'exprimer. "C'est une forme d'expression démocratique, non violente. Ces militants occupent pacifiquement des lieux pour empêcher des projets dangereux pour la planète et on ferait mieux de les écouter car ils ont l'intérêt général chevillé au corps. Ils réfléchissent à long terme et pour toute la planète".

A noter que les militants ne craignent pas d'être délogés car le terrain appartient à des opposants au projet. Mais contrairement à ce qui est annoncé, ils ne se contentent pas uniquement de débattre à propos du site d'enfouissement de Bure. Ce n'est pas seulement un lieu de discussions mais c'est aussi un lieu d'action. Ainsi, lundi, au cours d'une marche au flambeau, plusieurs dizaines de militants sont entrés dans l'enceinte du site de recherche en découpant le grillage…

Barthélémy Bolo avec Maxime Ricard