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Législatives en Grèce: "Je mange ou je prends le médicament"

Le grand favori des législatives en Grèce, ce dimanche, est le parti anti-austérité, Syriza.

Le grand favori des législatives en Grèce, ce dimanche, est le parti anti-austérité, Syriza. - AFP

REPORTAGE RMC – En ce jour d’élections législatives en Grèce, neuf millions d’électeurs sont attendus pour choisir un nouveau gouvernement. Syriza, le parti de la gauche radicale, est le grand favori, en faisant campagne sur la fin de l’austérité. Illustration de la crise, le problème de l’accès aux soins : une personne sur quatre n’a plus de couverture médicale. Reportage dans un dispensaire d’Athènes.

L’Europe entière a les yeux tournés vers la Grèce, qui vote ce dimanche pour choisir un nouveau gouvernement. Ces élections législatives sont particulièrement attendues dans un pays qui a payé un lourd tribut à la crise, épuisé par les plans d'austérité.

C’est un jour historique, puisque pour la première fois, c’est un parti de la gauche radicale, Syriza, qui devrait l’emporter. Ce parti, qui faisait à peine 5% il y a 6 ans, a connu une ascension fulgurante, en militant pour une chose: la fin de l’austérité. Son leader, Alexis Tsipras, le promet: s’il est élu ce soir, il se battra contre Bruxelles pour obtenir une réduction de la dette.

Un Grec sur quatre sans couverture maladie

Illustration de cette crise, le problème de l’accès aux soins. Aujourd’hui en Grèce, une personne sur quatre n’a plus aucune couverture médicale. Il ne reste alors pour se soigner que les associations.

Ce petit bâtiment, perdu au milieu de l’ancienne base américaine, est assez éloigné du centre d’Athènes. Pourtant, ce dispensaire est toujours plein. Agelis repart avec un sac rempli de médicaments. Cet homme de 64 ans est au chômage depuis 3 ans:

"Là, j’ai mon traitement pour trois mois, explique-t-il à RMC. Les médicaments pour mon diabète, ma pression artérielle, mon cholestérol. Je ne gagne pas un centime, comment pourrais-je faire sans eux? Je ne pourrais pas vivre".

"Je mange ou je prends le médicament"

Les bénéficiaires du dispensaire sont des chômeurs, comme Agelis, mais aussi des retraités, ou des travailleurs pauvres. Sur place, ils sont pris en charge tous les jours, par Vassilia. C’est elle qui a créé ce centre, il y a trois ans, pour les exclus du système de soins.

"Ceux qui n’ont pas d’argent, qui n’ont pas de travail et qui n’ont pas d’assurance, précise-t-elle au micro de RMC. Ces gens ne peuvent pas payer leurs médicaments. Et ils doivent choisir: ‘je mange ou je prends le médicament’."

Depuis lundi, 600 personnes ont poussé la porte du dispensaire. Et parmi eux, comme chaque semaine, une quinzaine de nouveaux venus.

C. P. avec Marie Régnier