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Les 35 heures "sont mortes et enterrées", dit François Baroin

François Baroin ne juge pas opportun de rouvrir le débat sur la semaine de travail de 35 heures, dont l'UMP entend pourtant faire un enjeu de l'élection présidentielle de 2012. "Les 35 heures sont mortes et enterrées", a déclaré le porte-parole du gouvern

François Baroin ne juge pas opportun de rouvrir le débat sur la semaine de travail de 35 heures, dont l'UMP entend pourtant faire un enjeu de l'élection présidentielle de 2012. "Les 35 heures sont mortes et enterrées", a déclaré le porte-parole du gouvern - -

PARIS (Reuters) - François Baroin ne juge pas opportun de rouvrir le débat sur la semaine de travail de 35 heures, dont l'UMP entend pourtant faire...

PARIS (Reuters) - François Baroin ne juge pas opportun de rouvrir le débat sur la semaine de travail de 35 heures, dont l'UMP entend pourtant faire un enjeu de l'élection présidentielle de 2012.

"Les 35 heures sont mortes et enterrées", a déclaré mercredi le porte-parole du gouvernement français.

François Baroin a estimé lors du compte rendu du conseil des ministres que la droite avait vidé de sa substance entre 2003 et 2008 la semaine de 35 heures, mise en place à la fin des années 1990 par le gouvernement de gauche de Lionel Jospin.

"Le débat sur les 35 heures ou sur la réalité de la nocivité des 35 heures est un débat qui est derrière nous", a-t-il dit.

Il a estimé que la réflexion ne devait plus porter sur la durée hebdomadaire mais "sur la durée globale du travail, la place des jeunes, la question des aînés, la place des femmes".

"Tout ça, ce sont des sujets que nous allons aborder sereinement, le parti jouant son rôle, le gouvernement aussi", a ajouté François Baroin, qui est aussi ministre du Budget.

Il a estimé que le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé et son adjoint Hervé Novelli n'avaient "certainement pas tort d'évoquer ce sujet car il n'y aucune question tabou pour l'UMP, pour la majorité parlementaire, pour les responsables politiques qui constituent ce gouvernement".

"Et ils ont raison de considérer avec lucidité (...) que ce sera une question au coeur de la campagne présidentielle", a ajouté le porte-parole du gouvernement.

Le débat divise aussi le Parti socialiste, où le député Manuel Valls, ex-conseiller en communication de Lionel Jospin et candidat aux primaires du PS pour la présidentielle, a déchaîné un tollé en jugeant nécessaire de "déverrouiller" les 35 heures.

François Baroin a dit voir dans la prise de position du député-maire d'Evry une "victoire idéologique" pour la droite et le président Nicolas Sarkozy, qui a fait en partie campagne en 2007 sur la dénonciation de la semaine des 35 heures.

"M. Valls n'est pas l'enfant trouvé au pied de l'église socialiste de ces dernières années", a-t-il ajouté. "On voit bien ce que veut faire Valls, c'est être le Tony Blair (du PS). Le problème c'est qu'il a soit dix ans de retard, soit 20 ans d'avance. Donc ça sera difficile pour lui de franchir le cut des primaires à travers ces postures."

Quant à Lionel Jospin et à sa ministre du Travail Martine Aubry, aujourd'hui premier secrétaire du PS, ils voulaient, en instaurant les 35 heures, "une petite statue à côté de celle de (Léon) Blum à l'entrée de ce troisième millénaire", a encore ironisé François Baroin.

"Ils l'ont eue de manière posthume (...) On connait les dégâts que ça a fait dans la société française", a-t-il ajouté.

Emmanuel Jarry, édité par Patrick Vignal

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