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Les chômeurs se sentent montrés du doigt

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RMC a rencontré des demandeurs d'emploi qui reçoivent mal l'appel lancé par Nicolas Sarkozy pour un rassemblement du 1er mai, autour du «vrai travail». Reportage RMC dans une agence Pôle Emploi.

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On connaissait le 1er mai comme fête du travail. Mais dans cette campagne d'entre-deux-tours, Nicolas Sarkozy appelle à célébrer mardi prochain le «vrai travail», pensant à «ceux qui ne veulent plus que quand on ne travaille pas, on puisse gagner plus que quand on travaille».
Dans son duel contre François Hollande sur le thème de l'emploi, le président sortant choisit de dénoncer «l'assistanat» et la fraude.
«Nous sommes pour lutter contre les fraudeurs, réagit Bernard Van Craeynest à la CFE-CGC, mais certainement pas pour mettre tout le monde dans le même panier».

«Ils attaquent les faibles»

RMC a rencontré Siam, une jeune femme de 26 ans qui se sent visée par les propos de Nicolas Sarkozy. Malgré un diplôme bac+5 en poche, Siam est toujours à la recherche d'un emploi dans les ressources humaines, 18 mois après la fin de ses études. Jusqu'ici, elle doit se contenter d'un temps partiel: «Ca me démoralise, j'ai l'impression de me sentir comme une assistée, alors que ce n'est pas le cas. Ils [l'UMP] attaquent les faibles. C'est inadmissible de dire que les chômeurs sont des fainéants, la preuve je me bats, je me démène pour trouver un emploi. J'envoie plus de 30 candidatures par jour. Se retrouver à Pôle Emploi avec bac+5, ce n'est pas ce qu'on veut!».
Pour cette conseillère de Pôle Emploi qui a souhaité garder l'anonymat, «un petit pourcentage [des chômeurs] profitent du système et attendent la fin de leurs allocations. Mais généralement, ce sont des gens en difficulté, qui se battent. Ce ne sont pas des tire-au-flanc. Etre au chômage, c'est comme un deuil».
François-Xavier, au chômage depuis deux ans, se sent injustement montré du doigt: «J'étais militant UMP, et quand j'ai vu leurs petites phrases assassines sur les "assistés", ça m'a tellement dégoûté que j'ai voté autre chose au 1er tour».
Pour le second tour, François-Xavier n'a pas encore fait son choix.

La Rédaction avec Cécile Bourgneuf