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Les Français boudent la charcuterie: "un changement de tendance depuis 2 ans"

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Dans les grandes surfaces, les consommateurs ne sont plus séduits par la charcuterie qui accuse une baisse des ventes de 4% depuis le début de l'année. Pour Robert Volut, président de la Fédération de la charcuterie-traiteur, c'est inquiétant, mais le secteur a les moyens de s'adapter aux nouveaux goûts des consommateurs.

"Quand la consommation du produit que vous fabriquez baisse, ça a de quoi inquiéter. Là, on est à un moment où il y a beaucoup de questions sur la santé, la nutrition, l'écologie. En plus se rajoute les attaques sur les filières viande, la consommation de viande, le bien-être des animaux etc. Il y a tout un ensemble de choses qui peut inquiéter les consommateurs.

Mais, ce n'est pas une chute non plus. Nous, on voit un vrai changement de tendance depuis 2 ans, puisqu'avant la consommation de charcuterie augmentait. La consommation alimentaire française est de toute façon stagnante. Les comportements alimentaires ont toujours changé à travers les âges.

Mais le secteur de la charcuterie sait s'adapter. Il y a déjà beaucoup de produits qui ont moins de sels, moins de gras. En revanche, on ne peut pas beaucoup transiger sur les conservateurs, parce qu'on ne peut pas transiger sur la sécurité alimentaire. Et les grandes surfaces nous demandent des produits qui se conservent longtemps puisque le circuit est très long. On est dans un schéma différent que celui de la charcuterie de proximité.

Aujourd'hui, on attaque aussi le sel, mais seulement 10% du sel que vous consommez provient de la charcuterie, donc nous ne sommes pas les seuls coupables! Et on a pu baisser le taux de sel de 50% en une génération grâce aux progrès technologiques.

"La charcuterie reste la viande pratique à manger et à conserver"

Nous sommes très vigilants. La charcuterie reste la viande pratique à manger et à conserver. On est toujours un peu inquiets quand il y a des formules un peu trop simples choisies par des scientifiques ou parascientifiques qui nous disent qu'il ne faut pas manger ci ou ça. A une époque, il fallait faire très attention au cholestérol et puis on a découvert qu'il y avait du bon cholestérol.

Et les injonctions ne peuvent être que générales. Quand on parle de charcuterie, il y en a 450, entre le pâté, la rillette, l'andouillette… Il faut faire attention mais sans perdre les goûts. En France, on mange ce que l'on aime, ce que l'on a plaisir à déguster.

Il y a aussi des évolutions technologiques et scientifiques. Le domaine de la nutrition est encore un domaine balbutiant… On découvre des choses chaque jour. Nous, on s'adapte à ces connaissances, on essaie de les utiliser du mieux que l'on peut. Il y a des entreprises plus importantes qui ont déjà fait des propositions avec des nouveaux produits, sans sels nitrités.

Nous avons les solutions pour que la charcuterie continue à être un produit aimé par les Français".

Propos recueillis par Paulina Benavente