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Les maires dans la rue pour dénoncer la baisse des dotations de l'État

Le service public à l'enfance, comme les crèches, sont impactés par la baisse des dotations de l'Etat, assure les élus locaux.

Le service public à l'enfance, comme les crèches, sont impactés par la baisse des dotations de l'Etat, assure les élus locaux. - Mychèle Daniau - AFP

A l'appel de l'association des maires de France, élus et habitants descendent dans la rue ce samedi 19 septembre pour dénoncer la baisse des dotations de l'État. Communes et intercommunalités vont devoir se passer de 11 milliards d'euros ces trois prochaines années. Des économies forcées qui ont un impact sur la vie de tous les jours.

Des piscines qui ferment plus tôt, des lieux culturels qui diminuent le nombre d'activités, des rénovations qui sont repoussées, des bus en moins… Les collectivités locales doivent s'adapter à la baisse des dotations de l'État. Débuté l'an dernier, ces mesures d'économies s'accélèrent : le gouvernement a prévu une baisse de 11 milliards d'euros sur la période 2015 – 2017. Cela représente 3,6 milliards d'euros en moins chaque année pour les communes et communautés de communes. C'en est trop pour l'association des maires de France, qui appelle à manifester ce samedi 19 septembre.

"On a augmenté les impôts locaux"

RMC s'est rendue à Bagneux, commune des Hauts-de-Seine qui subit de plein fouet cette baisse des dotations. En un an, son budget est passé de 11 à 7 millions. En 2014, Bagneux a perdu 500.000 euros d'aide, puis 1,2 millions en 2015. Et pour l'année prochaine, la baisse devrait être de 2, 4 millions. C'en est trop pour les habitants, qui appellent à manifester ce samedi pour dénoncer ce qu'ils considèrent comme un abandon de l'État. "On a été contraint dès cette année de réduire certaines activités, des festivités, des initiatives conviviales dans les quartiers, explique Marie-Hélène Amiable, la maire de Bagneux. On a augmenté aussi d'un point et demi les impôts locaux". Dans les prochains mois la mairie prévoit de supprimer une trentaine d'emplois municipaux.

"Les habitants directement concernés"

La ville a aussi réduit les subventions aux associations : - 5% cette année. Pour faire face, le club de sport, que gère Olivier, n'a trouvé d'autres solutions que "d'augmenter les cotisations des adhérents de 5 euros". "Ça risque de faire beaucoup pour certaines familles, au bout d'un moment on arrivera à une limite où tout le monde ne pourra plus faire de sport". Marie-Hélène Amiable prévient : "Quand il n'y a plus de services publics, vous ne pouvez plus vous déplacez, amener vos enfants à l'école, au sport, à la culture. Je crois que les habitants commencent à comprendre que les baisses de dotations les concernent directement".

"C'est important que ma commune soit belle et attrayante"

Jean-Pierre, lui, l'a bien compris. Cet habitant de la ville ira manifester samedi contre la baisse des dotations de l'État. "L'école de mes enfants devait être rénovée, je sais qu'elle ne le sera pas l'année prochaine pour des raisons budgétaires", peste-t-il. "C'est important que ma commune soit belle, qu'elle soit bien entretenue, qu'elle ait des espaces verts dignes de ce nom, qu'elle soit attrayante. On va demander des moyens pour pouvoir pérenniser l'entretien de notre collectivité, des bâtiments, des écoles. Qu'on puisse construire des crèches, et faire en sorte qu'on vive bien à Bagneux".

Selon Philippe Laurent, président de la commission des finances à l’association des maires de France, "1.500 communes sont en difficulté financières et n'ont plus aucune marge de manœuvre".

Philippe Gril avec Anaïs Denet