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Les socialistes s'indignent des attaques contre DSK

Les dirigeants socialistes ont serré les rangs lundi autour de Dominique Strauss-Kahn, devenu durant le week-end la cible numéro un de la droite en raison de ses velléités présidentielles supposées en 2012. /Photo d'archives/REUTERS/Denis Balibouse

Les dirigeants socialistes ont serré les rangs lundi autour de Dominique Strauss-Kahn, devenu durant le week-end la cible numéro un de la droite en raison de ses velléités présidentielles supposées en 2012. /Photo d'archives/REUTERS/Denis Balibouse - -

PARIS (Reuters) - Les dirigeants socialistes ont serré les rangs lundi autour de Dominique Strauss-Kahn, devenu durant le week-end la cible numéro un...

PARIS (Reuters) - Les dirigeants socialistes ont serré les rangs lundi autour de Dominique Strauss-Kahn, devenu durant le week-end la cible numéro un de la droite en raison de ses velléités présidentielles supposées en 2012.

Le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Pierre Lellouche, a jugé dimanche que le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) incarnait la "gauche ultra-caviar" et Christian Jacob, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, a estimé qu'il représentait "plutôt bien" les bobos, les électeurs "bourgeois-bohème".

"Ce n'est pas l'image de la France, de la France rurale, de la France des terroirs et des territoires, de la France qu'on aime bien", a estimé l'ancien ministre de l'Agriculture.

Ces propos ont déclenché la colère des proches de Dominique Strauss-Kahn, relayés lundi par une mise au point du porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon, pour montrer "ce que nous accepterons et ce que nous n'accepterons pas" pendant la campagne présidentielle de 2012.

Lors du point de presse hebdomadaire du PS, il a dénoncé "les relents très moisis" de la polémique, laissant entendre, à l'instar des partisans de Dominique Strauss-Kahn, que celle-ci avait une connotation antisémite.

"Je dis 'stop' tout de suite. Tout de suite", a prévenu Benoît Hamon, pour qui Christian Jacob est allé "beaucoup trop loin". "Que la droite, si elle a reçu des instructions pour parler en ce sens, s'arrête immédiatement. Nous avons très bien compris les relents très moisis derrière cette déclaration. Que ça s'arrête immédiatement, c'est inacceptable."

"UNE PEUR"

Les attaques de la droite coïncident avec les spéculations sur un éventuel retour de Dominique Strauss-Kahn sur la scène nationale, relancées par les confidences de son épouse, la journaliste Anne Sinclair.

Cette dernière a expliqué la semaine dernière dans Le Point ne pas souhaiter qu'il brigue un deuxième mandat au FMI.

Le PS doit désigner son candidat à la présidentielle par le biais de primaires pour lesquelles les candidatures doivent être déposées avant le 13 juillet. Le scrutin aura lieu en octobre.

Pour Manuel Valls, interrogé sur Europe 1, les propos de Pierre Lellouche et de Christian Jacob traduisent "sans doute une peur car les enquêtes d'opinion le montrent, 'DSK' est le mieux placé pour l'emporter en 2012 face à Nicolas Sarkozy".

Jean-Marie Le Guen, député de Paris proche du patron du FMI, a abondé dans ce sens.

"A voir et à entendre depuis trois jours leurs attaques, les Sarkozystes ont déjà désigné en 'DSK' l'adversaire qu'ils redoutent", dit-il dans un communiqué. "Nicolas Sarkozy ne se sauvera pas en abaissant le débat politique et en abîmant la République".

Pierre Moscovici, qui envisage d'être candidat à la primaire si Dominique Strauss-Kahn renonce, a jugé "la thématique derrière tout ça profondément malsaine".

"Il y a un côté 'la terre ne ment pas, sous-entendu, M. Strauss-Kahn vous êtes le parti de l'étranger (...) Cela ressemble à une rhétorique de l'extrême droite entre les deux guerres", a dénoncé le député sur LCI.

Laure Bretton, édité par Yves Clarisse

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