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Libération de Serge Lazarevic: "Bien sûr qu'on paie des rançons"

Pierre Martinet, ancien agent de la DGSE, ce mercredi chez Jean-Jacques Bourdin

Pierre Martinet, ancien agent de la DGSE, ce mercredi chez Jean-Jacques Bourdin - Capture RMC Découverte

Pour l'ancien agent de la DGSE Pierre Martinet, invité ce mercredi de Jean-Jacques Bourdin, la France a obtenu la libération de Serge Lazarevic contre le paiement d'une rançon.

Officiellement, aucune rançon n'a été versée pour la libération de Serge Lazarevic, le dernier otage français enlevé au Mali et qui a atterri sur le sol français ce mercredi matin. Aucun de nos responsables a fait état d'un tel paiement, ni même d'un échange de prisonniers avec Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui détenait Serge Lazarevic depuis le 24 novembre 2011.

Sur RMC ce mercredi, Mohamed Bazoum, ministre des Affaires étrangères du Niger, n'a ni confirmé ni infirmé le paiement d'une rançon. "Je ne sais pas si une rançon a été versée. Cela relève des services de renseignement français et nigériens", a-t-il déclaré, préférant mettre en avant les discussions menées par les Nigériens avec les preneurs d'otages. "Certains de nos compatriotes ont des relations de parenté avec les terroristes et preneurs d'otages. Nous avons essayé de tirer avantage de cette situation. Ce sont les émissaires du président nigérien qui ont été à la manœuvre".

"L'otage français a une valeur marchande plus importante"

Mais pour Pierre Martinet, ancien agent des “services action” à la DGSE (direction générale de la sécurité extérieure), les services de renseignement français. "Bien sûr qu'on paie, a-t-il assuré chez Jean-Jacques Bourdin. C'est pour ça que (l'otage) français a une valeur marchande qui est beaucoup plus importante que tous les autres".

Si officiellement, la France ne verse pas directement de rançon, elle n'exclut pas par contre, à l'instar d'autres pays européens, des remises d'argent par des tiers. Cette pratique a notamment été condamnée par les Etats-Unis. "Les Américains disent déjà que les Français mettent en danger tout le monde, a souligné Pierre Martinet. Il faut donc trouver un compromis entre les Américains qui ne négocient pas et nous qui sommes dans la médiatisation totale. C'est très beau de voir cette joie (lors des retours des otages sur le sol français), mais ça alimente encore plus l'envie de certains preneurs d'otages."

"Je suis partagé sur le fait de cacher ce qu'on donne aux preneurs d'otages, a-t-il poursuivi. Le secret n'existe plus aujourd'hui. Je pense qu'on doit le dire car cela sensibilisera plus les gens".


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Philippe Gril avec Jean-Jacques Bourdin