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Licenciée pour avoir traversé les voies de la gare d'Agen: "Je ne mérite pas ça"

Une femme de ménage a été licenciée car elle avait traversé les voies de la gare d'Agen (illustration)

Une femme de ménage a été licenciée car elle avait traversé les voies de la gare d'Agen (illustration) - AFP

TEMOIGNAGE - Rajae Gueffar travaillait pour un sous-traitant de la SNCF depuis près de 15 ans. Le 17 décembre dernier, elle est congédiée par courrier. Sa faute? Elle a traversé les voies en gare d'Agen, dans le Lot-et-Garonne, au lieu d'emprunter le seul passage souterrain qui relie les quais. Ce mercredi, sur RMC, elle dit, avec émotion, ne pas comprendre.

C'est un licenciement qui fait grand bruit. Depuis près de 15 ans, Rajae Gueffar travaillait en tant que femme de ménage pour l'entreprise Onet, un sous-traitant de la SNCF. Le dimanche 17 décembre dernier, elle a été licenciée par un simple courrier alors qu'elle n'avait jamais eu aucun problème. Sa faute? Avoir traversé les voies en gare d'Agen, dans le Lot-et-Garonne, au lieu d'emprunter le seul passage souterrain qui relie les quais. Son employeur lui reproche "un non-respect des règles de sécurité".

"J'arrive le dimanche et j'étais surprise car quelqu'un faisait mon travail. Alors j'ai appelé tout de suite le responsable et il m'a dit que j'étais licenciée, témoigne Rajae sur RMC. Voilà le cadeau de Noël que j'ai eu de la part du directeur". D'après son employeur, elle n'aurait pas dû traverser les voies de chemin de fer de la gare d'Agen début décembre alors qu'elle assurait le nettoyage des quais.

Son cas étudié la semaine prochaine

"C'est la première fois de ma vie que je fais une erreur. Je ne m'attendais pas du tout ça car cela fait quinze ans que je suis dans la boîte et que je fais très bien mon travail et je ne m'absente jamais… Je ne mérite pas ça", estime-t-elle, la voix chargée d'émotion. Pour sa part, Thomas Portes, membre de la CGT cheminot, juge que ce licenciement n'est pas justifié.

"Une autre personne de la même société a aussi traversé les voies sans être licenciée, souligne-t-il. Et puis les voies font quand même entre 200 et 300 mètres et il y a passage souterrain au milieu donc cette personne est amenée à traverser les voies 10 à 15 fois dans la journée". Rajae Gueffar a demandé sa réintégration dans l'entreprise. Son cas est désormais entre les mains de la direction régionale de la SNCF qui doit statuer la semaine prochaine.

Suite à la publication de cet article, la société Onet a tenu à livrer quelques précisions. Les voici:

- La sécurité de ses employés est une priorité pour Onet, notamment lorsque l’environnement de travail est considéré comme dangereux.

- Ce qui s’est passé est un grave manquement à la sécurité, à la fois vis à vis de la sécurité de l’employée, mais également de celle d’autrui et enfin de la sécurité de l’entreprise Onet.

- Les consignes de sécurité sont données par voie orale et directement par le responsable de site, puis répétées à plusieurs reprises dans l’année aux salariés en guise de prévention. Le dernier rappel des consignes de sécurité remonte au 12 octobre 2015.

- Comme le veut l’article 92 du plan de prévention à la sécurité du code du travail, un document détaillant les mesures de sécurité à respecter par les salariés est lu, commenté et contre-signé par tous les salariés.

- La gare d’Agen est une gare passante, où certains TGV ne marquent pas l’arrêt et passent donc à vive allure. Il est donc formellement interdit de traverser les voies et obligatoire d’emprunter systématiquement les passages sous-terrains.

- Le licenciement de Madame Gueffar a été une décision difficile mais mûrement réfléchie, une décision prise à la fois entre la Direction Régionale d’Onet, la Direction des Ressources Humaines et le responsable d’agence. Elle s’explique par la volonté d’Onet de faire respecter les règles en matière de sécurité au sein de son entreprise.

Maxime Ricard avec Violette Voldoire