RMC

Logements sociaux: "Que le préfet vienne, on verra s’il fait mieux que nous!"

Des logements en construction à Montpellier.

Des logements en construction à Montpellier. - AFP

Le gouvernement a rendu publique une lettre de 36 communes récalcitrantes à leurs obligations en matière de construction de logement social. Le maire de l'une d'entre d'elles était l'invité de RMC.

15 ans après l'adoption de la loi SRU imposant des quotas minimaux, Manuel Valls a rendu publique une liste de 36 communes, principalement dans le sud de la France et en banlieue parisienne, "qui ne respectent pas leurs engagements" en matière de construction de logements sociaux.

Roland Giberti est le maire UDI de Gémenos, l'une des villes pointées du doigt par le Premier ministre. Invité de RMC ce mardi, il a indiqué ne pas avoir le choix.

"Cela ne fait pas plaisir d’être sur cette liste, et cela m’a étonné", a-t-il commenté. "Il y a trois semaines était sortie une liste dans laquelle la communauté de Gémenos n’était pas montrée du doigt. Ils font un calcul bête et méchant par rapport au nombre de résidences principales, alors que chaque commune a ses spécificités. Il faut que cette loi les prennent en compte."

"Ce n’est pas qu’une histoire de terrain", poursuit-il. "Nous sommes une commune rurale. Les terrains communaux sont impactés par des règles de sécurité, des zones inondables, forestière ou sismique. On nous a imposé des zones agricoles. Notre pouvoir de construire diminue."

"C'est impossible de construire ces logement"

Sur la fameuse liste figurent 17 communes de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur: Contes, Le Cannet, Pégomas (Alpes-Maritimes), Carry-le-Rouet, Eguilles, Gémenos, Les Pennes-Mirabeau, Mimet, Plan-de-Cuques (Bouches-du-Rhône) Carqueranne, Fréjus, La Crau, Le Castellet, Lorgues, Solliès-Toucas (Var), Pernes-les-Fontaines, Saint-Saturnin-lès-Avignon (Vaucluse). Pas un hasard dans un territoire subissant une forte pression immobilière.

"Il y a une vraie pression", confirme le maire de Gémenos. "Et si on met toutes les cartes une sur l’autre, on se rend compte que le territoire devient inconstructible. Nous avons beaucoup de difficultés à trouver des parcelles constructibles. Chaque fois qu’un promoteur vient nous voir, on leur impose des logements sociaux. Mais arriver à faire plus de 600 logements sociaux, c’est impossible. Et personne ne se soucie des à-côtés : transports, voies, crèches, dessertes… Donc nous payons les amendes tous les ans."

Alors que le gouvernement souhaite que les préfets puissent se substituer aux maires quand ces derniers ne respectent pas leurs objectifs en matière de logement social, Roland Gilberti répond: "Que le préfet le fasse, on verra s’il fait mieux que nous ! J’invite tous nos hommes politiques: qu’ils viennent me montrer, me donner l’exemple. Plutôt que de nous pointer du doigt, il faut nous aider. Aucun maire n’est contre les logements sociaux. Mais nos administrés doivent être prioritaires."