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Louis Gallois: "Ce n'est pas à la SNCF de supporter les coûts de sauvetage d'Alstom Belfort"

Louis Gallois, ancien président de la SNCF, ce mardi chez Jean-Jacques Bourdin.

Louis Gallois, ancien président de la SNCF, ce mardi chez Jean-Jacques Bourdin. - RMC Découverte

Pour l'ancien PDG d’EADS et de la SNCF, invité ce mardi de Jean-Jacques Bourdin, la situation du site de Belfort est la conséquence d'une "succession d'erreurs" de ses dirigeants.

"Il est légitime que l'État se préoccupe de l'avenir d'un site comme celui de Belfort, qui représente 450 emplois directs et peut-être un millier d'emplois indirects. Il est aussi normal que l'entreprise Alstom essaie d'optimiser son dispositif industriel, donc il faut concilier les deux. Mais ce que je ne voudrais pas, c'est que l'on demande à la SNCF de concilier les deux. Alors si on demande à la SNCF d'anticiper des commandes de trains dont il n'a pas un besoin urgent, il va falloir l'aider à financer cela. On ne peut pas demander à la SNCF de supporter les coûts du sauvetage du site de Belfort.

Si l'État prend cette responsabilité de demander à la SNCF d'anticiper des commandes, c'est à lui de payer".

"Il y a une responsabilité des dirigeants d'entreprises"

"Il n'y a pas uniquement une question de politique industrielle, il y a aussi des responsabilités des dirigeants d'entreprises. Alstom c'est une succession d'erreurs de dirigeants d'entreprises. La première a été de faire éclater le groupe Alcatel Alstom.

Au début des années 90, le groupe Alcatel Alstom, c'était comparable à Siemens, aujourd'hui c'est 37.000 personnes, et Siemens c'est 370.000 personnes, dix fois plus.

Il y a eu aussi l'acquisition de turbines sur lequel il y avait des contentieux techniques considérables qui ont coûté une fortune. On a plombé ce groupe, il a fallu que Sarkozy aille à Bruxelles pour obtenir qu'on aide Alstom en faisant entrer l'État au capital. Mais ça n'a pas suffi, et l'issue presque inévitable et fâcheuse, cela a été la vente de la division énergie à General Electric dans des conditions qui là aussi ne me paraissent pas optimales".

P. G.