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Lutte contre la pollution: comment Saint-Etienne a été désignée "ville respirable en cinq ans"

Saint-Etienne entend réduire les pics de pollution (illustration)

Saint-Etienne entend réduire les pics de pollution (illustration) - AFP

REPORTAGE - La semaine dernière, Ségolène Royal, dans le cadre de son plan de lutte contre la pollution de l'air, a distingué 25 "Villes Respirables en cinq ans". L'agglomération de Saint-Etienne, par exemple, a été choisie car elle va proposer notamment de limiter la circulation des poids-lourds les plus polluants dans son centre-ville.

De nouvelles mesures pour lutter contre la pollution... La semaine dernière, Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, a donné le coup d'envoi d'une série de mesure, en distinguant notamment 25 collectivités locales appelées "Villes Respirables en 5 ans". Il s'agit de communes ou d'agglomérations qui se sont engagées à prendre des mesures supplémentaires pour réduire leurs émissions de CO2 ou de particules fines d'ici 2020. Et qui recevront en contrepartie un coup de pouce de l'État.

Un million d'euros d'aide de l'Etat

L'agglomération de Saint-Etienne, par exemple, a été choisie car elle va proposer notamment de limiter la circulation des poids-lourds les plus polluants dans son centre-ville. D'ici quelques années, les colis seront donc acheminés avec des véhicules propres comme l'explique Sylvie Fayolle, vice-présidente de Saint-Etienne Métropole en charge du développement durable. "A certaines heures, on pourra limiter le trafic poids lourds essence et diesel. N'auront le droit de rentrer en centre-ville que des véhicules gaz naturel ou électrique". Pour cela, l'agglomération stéphanoise recevra une aide d'un million d'euros de la part de l'Etat.

"Dans certaines villes, des mesures répressives sont prises le jour de dépassement de certains seuils de pollution avec par exemple la mise en place de la circulation alternée. Or c'est déjà trop tard. La pollution est déjà installée dans la ville. Ce million d'euros va donc nous permettre de pouvoir réaliser notre plan d'action beaucoup plus court et initier des actions que nous n'aurions pas pu mettre en œuvre", se réjouit Gaël Perdriau, le président Les Républicains de Saint-Etienne Métropole.

"Il n'y a aucun intérêt"

De son côté, Oliver Dumas, président de l'association des commerçants du centre-ville de Saint-Etienne, est sceptique. Il doute de la capacité de ces nouveaux modes de livraisons: "Actuellement, les véhicules qui livrent en centre-ville sont des diesels, d'une capacité de 15-20 m3 et je ne sais pas si des véhicules électriques ou à gaz naturel de la même capacité existent. Or, on ne peut pas assurer toutes les livraisons avec des micro-camionnettes. Cela voudrait dire que l'on multiplie les flux de véhicules par 10, par 20 voire par 30. Donc il n'y a aucun intérêt".

Avec 14 jours de pics de pollution en 2014, l'agglomération stéphanoise ne dépasse pas les seuils critiques. Mais Sylvie Fayolle de la communauté urbaine a un objectif à atteindre: "Si, dans un premier temps, on arrive à descendre en dessous de 10 d'ici 2020, on sera ravis". Des mesures pour favoriser la rénovation thermique des logements et/ou des installations agricoles autour de Saint-Etienne seront également mises en place pour atteindre ce but. A cela s'ajoute aussi le déploiement d'une quinzaine de borne de recharges pour les véhicules propres ou encore une aide de 250 euros pour l'achat d'un vélo électrique.

Gwenaël Windrestin avec Maxime Ricard