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Lutte contre le chômage: "Donnez-leur une chance, vous aurez de bonnes surprises", dit un patron

Au lendemain de la publication des chiffres du chômage (-0,5%), RMC met en avant une PME grenobloise qui n'embauche que des chômeurs sans qualifications. Le credo de son patron: "miser sur des individus et pas sur des diplômes".

Cela n'était pas arrivé depuis août dernier. Le chômage a enfin de nouveau baissé en janvier: -0,5%, selon les chiffres publiés mercredi. C'est 19.100 chômeurs de moins par rapport à décembre. 3,48 millions de demandeurs d'emploi restent cependant sans activité.

Au lendemain de la publication de ces chiffres, RMC a voulu mettre en avant une entreprise grenobloise spécialisée dans la sécurité incendie qui, depuis 2007, n'embauche que des chômeurs sans qualifications.

"Ils m'ont fait confiance et j'ai fait mes preuves"

Sur les 13 salariés de l'entreprise Alyl Sécurité, 11 sont d'anciens chômeurs. Comme Jimmy, Grenoblois de 28 ans qui a été embauché en CDI, il y a seulement 3 mois après une longue période d'inactivité. "J'étais mécano dans la marine, raconte-t-il à RMC, alors qu'il s'active sur de vieux extincteurs usagers. Je me suis retrouvé au chômage et ça a été une période vraiment difficile. En 2015 c'est dur de retrouver un bon poste, souvent on recommence au bas de l'échelle. Là mon poste actuel, c'est le Graal".

Mounir Ayoub a également profité de cette opportunité il y a 5 ans. Depuis, il est devenu chef d'équipe et a repris confiance en lui: "Au bout de trois entretiens, j'ai signé un CDI. Ils m'ont fait confiance et j'ai fait mes preuves. C'est important qu'il y ait des gens comme ça pour donner une chance à des personnes comme nous de prouver ce qu'on vaut vraiment. Ça a été une chance pour moi".

"Miser sur les individus qui en veulent"

Ce choix social et solidaire, James Faricelli, n'a pas eu à le regretter: son entreprise est en pleine expansion. "L'idée aujourd'hui ce n'est pas de miser sur les diplômes ou l'expérience, mais plutôt de miser sur les individus qui en veulent, qui ont la volonté de travailler, qui veulent s'en sortir, évoluer et qui vont donner à l'entreprise. Lorsqu'on mise sur l'humain, on a moins de chances de se tromper en réalité", explique-t-il. Aujourd'hui avec le recul, James Faricelli conseille aux autres chefs d'entreprises de le suivre de cette démarche pour leurs futurs recrutements: "Oui, ils vont avoir des bonnes surprises. Ce sont des gens qui vont rendre, donc donnez-leur une chance, donnez-leur l'expérience. Et effectivement, si vous ne vous trompez pas dans le recrutement, vous n'aurez que des bonnes surprises. En tout cas nous, nous n'avons eu quasiment que des bonnes surprises et on va faire en sorte de continuer comme ça".

D'ici 2018, cette entreprise devrait embaucher plus de 130 personnes en CDI pour continuer son développement.

Philippe Gril avec Gwenaël Windrestin