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Mal-être des pharmaciens: "On est inquiets quant à l'avenir de notre profession"

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Des suicides en hausse (4 en moins de 2 mois), des revenus en baisse, une officine qui ferme en moyenne tous les deux jours... Les pharmaciens tirent la sonnette d'alarme sur leurs conditions de travail.

Les pharmaciens sont en colère et ils veulent le faire entendre. Pour la première fois tous les syndicats de pharmaciens, ainsi que l'Ordre des pharmaciens et les étudiants vont mener ce mardi une conférence de presse commune dans les locaux de l'USPO, l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine, à Paris. Ils souhaitent alerter la ministre de la santé, Marisol Touraine, sur un mal-être de plus en plus prégnant au sein de la profession, alors que plus d'un millier d'officines ont disparu en 10 ans.

"On en est à quatre suicides en moins de deux mois. De plus, une pharmacie ferme tous les deux jours, alarme sur RMC Yves Bonnefond, le président de l'USPO. Le milieu rural est en danger car en plus de perdre leurs médecins il peut demain perdre sa pharmacie". "Ce qu'on ne comprend pas, c'est que notre profession veut se réformer, indique-t-il encore. Si nous étions complètement autistes aux réformes, on pourrait comprendre que le dialogue ne s'installe pas. Il est d'ailleurs préférable pour la ministre Marisol Touraine de nouer le dialogue maintenant, tant qu'il est temps, et non d'attendre que le réseau soit complètement en danger".

"On est inquiets quant à l'avenir de notre profession, insiste Alain Delgutte, président du Conseil national de l'Ordre des pharmaciens d'officine. Le quotidien d'un pharmacien aujourd'hui c'est d'être parfois seul dans son quartier, sa ville. Puisqu'il n'y a déjà plus de médecins, les pharmaciens sont là pour répondre aux inquiétudes, aux attentes des patients. Les gens sont souvent délaissés du fait qu'il y ait de moins en moins de service public. Le pharmacien joue donc ce rôle de proximité, de conseil à titre bénévole". Et d'ajouter: "Le pharmacien n'est pas là uniquement pour dispenser les médicaments, les conseils pour les petits bobos mais il a aussi un rôle social, un rôle de soins de premiers recours au quotidien."

Maxime Ricard avec Mathilde Choin