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Manif contre la haine anti-flic: "On réclame le droit au respect"

Les policiers se mobilisent contre les violences qui ont fait 300 blessés dans leurs rangs. Le 18 mai, les forces de l'ordre défileront dans toute la France pour dire "stop à la haine anti-flic".

Fortement mobilisés pour encadrer les manifestations contre la loi Travail, les policiers veulent exprimer leur ras-le-bol. En l'espace de deux mois, près de 300 gendarmes et policiers ont été blessés lors d'échauffourées avec des manifestants.

Mercredi, le syndicat majoritaire des gardiens de la paix, Alliance, a appelé hier les policiers à manifester le 18 mai, dans toute la France. A Paris, ce sera place de la République. Un lieu symbolique, comme l'explique Jean-Claude Delage, secrétaire général d'Alliance: "On ne peut pas imaginer que les policiers ne puissent pas se rassembler ce jour-là sur cette place, c'est très symbolique et cette place appartient à tout le monde. On réclame le droit au respect et on vient dire à la population: 'nous travaillons pour vous, nous serons là pour vous, nous sommes républicains, on a besoin de votre soutien!'".

"Ce ne sont pas les vilains policiers barbares qui provoquent les manifestants"

Grégory, brigadier de police, sera aussi de cette manifestation et estime que les Français ne doivent pas faire d'amalgame: "Ce ne sont pas les vilains policiers barbares qui provoquent les manifestants. Les policiers sont là pour faire leur travail, pour encadrer et faire en sorte qu'il n'y ait pas de blessés et de fauteurs de troubles".

Une période bien loin de ce qu'il avait vécu le 11 janvier 2015. Il se souvient avec émotion de l'hommage des citoyens après l'attentat contre Charlie Hebdo:

"On a encore la chair de poule et les poils qui se dressent. Les gens scandaient 'vive la police', ce sont vraiment des moments émouvants mais vous vous réveillez avec la gueule de bois. Vous vous réveillez d'un lendemain de liesse et vous revenez à la triste réalité du terrain, c'est assez violent que ce soit verbalement ou physiquement".

Aujourd'hui, place de la République, Grégory déplore ce climat de tension: "Ceux qui viennent casser, ils viennent vraiment pour casser du flic. Ils ont des sacs à dos et en deux minutes ils s'équipent, c'est-à-dire qu'ils mettent des masques à gaz, des cagoules, ils ont des matraques télescopiques, des barres de fer, des battes de baseball. Il n'y a pas eu de mort mais je ne vous cache pas qu'il y a des fois où c'est vraiment très tendu".

P.B. avec Benoît Ballet