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Manifestation de policiers: "Le ras-le-bol est profond", explique Nicolas Comte

Nicolas Comte, ce lundi sur RMC.

Nicolas Comte, ce lundi sur RMC. - RMC

Les syndicats de policiers appellent à manifester mercredi, pour dénoncer les dysfonctionnements de la justice. Les policiers, qui se sentent moins respectés, estiment que les peines conter les malfaiteurs sont parfois trop légères et les permissions de sortie trop nombreuses.

La fusillade en Seine-Saint-Denis, au cours de laquelle un policier a été très grièvement blessé la semaine dernière par un malfaiteur en cavale et fiché, a été le drame de trop. Les syndicats policiers ont tous appelé à manifester mercredi sous les fenêtres de Christiane Taubira, place Vendôme à Paris, pour exprimer leur exaspération envers la justice, dont il dénonce les dysfonctionnements.

"La dramatique affaire de la semaine dernière a cristallisé le ras-le-bol de mes collègues", confirme ce lundi sur RMC Nicolas Comte, secrétaire général adjoint et porte-parole du syndicat Unité SGP Police FO. Des policiers dans la rue, "c'est rarissime et je pense que cette manifestation va être la plus importante depuis des années. Du gardien de la paix jusqu'au commissaire de police, c'est bien la preuve que le ras-le-bol est profond, et il faut qu'il soit entendu".

"Il faut que les condamnations soient à la hauteur des faits"

Les policiers en ont assez que les peines ne soient pas appliqués, ou soient parfois édulcorées, comme ils le pensent. La peine doit correspondre au délit, réclame Nicolas Comte. "Il faut que les condamnations qui sont prononcées soient à la hauteur de la gravité des faits, et qu'elles soient réellement exécutées".

Autre revendication : que les policiers soient mieux protégées. "Nous avons eu depuis 2008 40% d'augmentations des violences contre les policiers, rappelle Nicolas Comte. C'est aussi parce que la justice a mal appréhendé ce phénomène". "Les policiers veulent de la protection et de la reconnaissance, ajoute le syndicaliste. Et ça passe par un signal fort envoyé par la justice chaque fois qu'on porte atteinte à un policier. Il faut que les outrages soient réprimés, que les agressions contre les policiers soient sévèrement punies".

"20 millions d'heures supplémentaires perdues"

Nicolas Comte a également évoqué le malaise des policiers du service de protection des personnalités, qui viennent d'annoncer qu'ils allaient porter plainte contre X cette semaine pour "mise en danger de la vie d'autrui", "faux" et "harcèlement moral", en raison du nombre d'heures travaillées qui explosent depuis les attentats de janvier. Le syndicaliste rappelle qu'il y a "20 millions d'heures supplémentaires dans la police qui ne peuvent pas être récupérées et qui ne sont pas payées".

Philippe Gril avec JJ Bourdin