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Manuel Valls veut déverrouiller les 35 heures

Manuel Valls, candidat aux primaires socialistes pour la candidature à la présidentielle de 2012, se dit favorable à une réforme de la loi sur la semaine de travail des 35 heures. /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahe

Manuel Valls, candidat aux primaires socialistes pour la candidature à la présidentielle de 2012, se dit favorable à une réforme de la loi sur la semaine de travail des 35 heures. /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahe - -

PARIS (Reuters) - Le député socialiste de l'Essonne Manuel Valls, candidat aux primaires socialistes pour la candidature à la présidentielle de...

PARIS (Reuters) - Le député socialiste de l'Essonne Manuel Valls, candidat aux primaires socialistes pour la candidature à la présidentielle de 2012, s'est dit favorable à une réforme de la loi sur la semaine de travail des 35 heures.

Emblématique de la période du gouvernement de Lionel Jospin (1997-2002), cette loi est l'objet d'un contentieux idéologique persistant, la gauche considérant en général qu'elle a créé des emplois et favorisé la croissance, la droite soutenant le contraire.

Invité sur Europe 1, Manuels Valls a critiqué cette mesure.

"Est-ce que, dans le monde tel qu'il est aujourd'hui, avec la concurrence que nous connaissons, pouvons-nous nous permettre d'être sur des idées des années 1970, 1980, 1990 ? Non. Il faut dépasser la question des 35 heures. Oui, nous devrons déverrouiller les 35 heures", a ajouté le maire d'Evry.

Le déverrouillage consisterait, a-t-il précisé implicitement, à un quasi-retour à la semaine des 39 heures, l'horaire légal qui précédait la réforme de 1998-2000.

"Ceux qui ont la chance d'avoir un emploi doivent pouvoir travailler deux ou trois heures de plus sans avoir recours forcément aux heures supplémentaires, qui ont beaucoup coûté à l'Etat", a-t-il expliqué.

Depuis son arrivée au pouvoir, Nicolas Sarkozy, pourfendeur déclaré des 35 heures, a fait adopter plusieurs mesures qui permettent aux employeurs d'allonger le temps de travail hebdomadaire, telles que des exonérations fiscales sur les heures supplémentaires.

Cependant, malgré les demandes d'une partie de la droite, l'horaire de travail légal reste toujours à 35 heures hebdomadaires.

Les employés des sociétés ayant bénéficié d'un accord en ces sens ont donc toujours leurs RTT - jours de récupération qui permettent d'atteindre la moyenne de travail hebdomadaire sur l'année.

"Je prône un dépassement des 35 heures, au nom même d'une augmentation des salaires, d'une augmentation du pouvoir d'achat", a dit Manuel Valls, soutenant même qu'à ses yeux il fallait "travailler plus".

Le député se positionne ainsi, en vue des primaires, dans ce débat toujours vif au PS, et notamment face à la patronne actuelle du parti, Martine Aubry, auteur quand elle était ministre du Travail des lois sur les 35 heures.

Le débat est encore vif chez les économistes. Selon ses partisans, les 35 heures ont le mérite de consacrer les fonds publics à la préservation de l'emploi et favorisent avec les longs week-ends le tourisme et l'hôtellerie.

Ses détracteurs estiment qu'elles pèsent sur la compétitivité des entreprises et désorganise certains services publics. Ils préfèrent donc que l'Etat subventionne les heures supplémentaires, même au détriment de l'embauche.

Au moment du dixième anniversaire de la loi de 2000, un sondage BVA publié en janvier 2010 a montré que 53% des personnes interrogées, contre 43%, réfutaient l'idée que les 35 heures soient un handicap pour les entreprises françaises

Thierry Lévêque, édité par Jean-Loup Fiévet

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