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Marie, otage porte de Vincennes: "On est surpris d'être en vie"

Vendredi 9 janvier, 17h12. Les policiers du Raid viennent de donner l'assaut sur l'Hyper Casher de la porte de Vincennes, à Paris, pour intercepter Ademy Coulibaly qui retient une quinzaine d'otages.

Vendredi 9 janvier, 17h12. Les policiers du Raid viennent de donner l'assaut sur l'Hyper Casher de la porte de Vincennes, à Paris, pour intercepter Ademy Coulibaly qui retient une quinzaine d'otages. - AFPTV - Gabrielle Chatelain

Elle a fait partie de la quinzaine d'otages d'Amedy Coulibaly, porte de Vincennes à Paris. A sa sortie de l'hôpital Hôtel-Dieu de Paris, où elle venait d'être examinée, Marie a raconté à un journaliste d'RMC son calvaire et l'assaut des policiers qui ont mis fin aux jours du tueur.

Il est 13 heures, vendredi, quand Marie, qui fait ses courses au magasin Hyper Cacher de la porte de Vincennes à Paris, entend les premiers tirs. Amedy Coulibaly vient de faire son entrée dans le supermarché. "On a entendu un boum, puis on a vu le gars, qui avait un gilet pare-balle, deux kalachnikovs à la main, un couteau et un pistolet, détaille-t-elle sur RMC. Et à notre droite il y avait 2 cadavres, deux clients qui sont morts dès le début. Dès qu'il est entré il a tiré".

Elle raconte qu'une cliente a tenté de s'emparer d'une arme de Coulibaly, en vain: "Il y en a une qui était derrière nous, elle a voulu prendre son arme mais elle n'a pas réussi à tirer. Il a répliqué en lui tirant une balle dans la tête".

Marie se souvient aussi de cette femme agonisant près d'elle pendant une dizaine de minutes après avoir reçu une balle dans la joue. Le début de plusieurs heures d'angoisse dans le magasin, dont le rideau de fer avait été baissé.

"On a entendu des grands boums, on s'est dit 'il va tous nous tuer'"

Le courage d'un jeune employé de l'Hyper Cacher a semble-t-il facilité le travail des hommes du Raid, qui sont intervenus pour intercepter le preneur d'otages. "A la fin, un jeune qui travaille là et qui était regroupé avec nous au rez-de-chaussée, a réussi à monter dans l'ascenseur pour aller au niveau 1 et à prendre par la sortie de secours. Il avait sur lui les clés du rideau de fer qu'il a données à la police", témoigne-t-elle.

Puis Marie raconte l'assaut des policiers du Raid. "On a attendu 2-3 heures et puis on a entendu boum - boum - boum ! Je me suis dit 'ça y est, 'il va tous nous tuer'. On s'est tous cachés sous les caisses. On a entendu boum, boum. Et quand le rideau s'est levé, c'est là que j'ai eu le plus peur. On a entendu la police dire 'allez, allez les gars, allez !'. Ils sont arrivés et ils ont abattu le terroriste".

Aujourd'hui, Marie réalise la chance qu'elle a d'être en vie, alors que cinq personnes, dont Amedy Coulibaly, ont perdu la vie dans la prise d'otages. "On est surpris d'être en vie. On est trop trop contents d'être en vie", insiste-t-elle. Mais elle l'avoue, elle n'a qu'une hâte : s'enfermer chez elle et éviter pendant quelques jours les lieux publics.

Philippe Gril avec Romain Poisot