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Marseille: enquête ouverte sur la rafle oubliée du Vieux-Port en 1943

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Une enquête a été ouverte pour "crimes contre l'humanité" pour retrouver d'éventuels responsables encore en vie des persécutions et du transfert forcé en 1943 d'au moins 20.000 Marseillais lors de la rafle dite du Vieux-Port.

Une enquête préliminaire vient d’être ouverte par le parquet de Paris le 29 mai dernier pour "crime contre l’humanité" 76 ans après la rafle du Vieux-Port à Marseille, en 1943.

Hitler avait donné l’ordre d’épurer un quartier entier de Marseille, baptisé "la petite Naples" sur la rive nord du Vieux-Port qu’il considérait comme le "chancre de l’Europe". Entre le 22 et le 24 janvier 1943, le quartier entier a été détruit et 20.000 de ses habitants évacués, dont 12.000 transférés de force dans un camp de rétention à Fréjus, par l’occupant nazi assisté des autorités françaises.

800 juifs, résistants ou opposants d’origine italienne ont fini dans des camps de la mort. Au total, 1500 immeubles ont été détruits. Le but des survivants n’est pas de punir les donneurs d’ordre tous décédés 76 ans après, mais bien de retrouver des Allemands ou des Français qui y ont participé comme soldat ou policier pour pouvoir les juger.

"Le but est de l'enseigner aux Français et aux petits Marseillais"

Me Pascal Luongo, l'avocat de ses survivants et petit-fils de victime, souhaite avant tout faire connaître cet épisode méconnu de la Seconde Guerre mondiale:

"Mon grand-père paternel a été victime de cette rafle du vieux port. Il en a beaucoup souffert, il m'en a parlé toute sa vie. Cette rafle oubliée de l'Histoire de France était une douleur pour lui. C'est ce qui nous a amené à déposer plainte avec 4 survivants. 76 ans après évidemment, c'est tardif et compliqué. Les vrais responsables sont morts. Le but n'est pas forcément de voir un lampiste poursuivi par la justice mais de reparler de la rafle oubliée du Vieux-Port et de l'enseigner aux Français et aux petits Marseillais qui ne la connaissent pas".

Les investigations ont été confiées à l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité (Oclch).

Lionel Dian (avec P.B.)