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#MeToo descend dans la rue: "Ça aurait été dommage que ça ne dure que quelques jours sur Twitter"

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Plusieurs rassemblement ont lieu dimanche 29 octobre à travers la France. Objectif: donner une existence palpable à un phénomène né sur Internet. Et l'inscrire dans la durée.

Des réseaux sociaux à la rue, le pas est-il facile à franchir? Après une rare effervescence autour des hashtags #BalanceTonPorc et #MeToo ("moi aussi"), la journaliste Carole Galand a lancé l'idée de prolonger ce mouvement de condamnation des violences sexuelles avec des rassemblements les grandes villes. Plusieurs mobilisations sont ainsi prévues dimanche 29 octobre après-midi à Toulouse, Lyon, Marseille, Bordeaux et encore Paris.

"On est habitué au phénomène de buzz sur les réseaux sociaux. Je me suis dit que ce serait dommage que ça ne dure que quelques jours. Et que ça disparaisse sans qu'il y ait de rassemblement", explique à RMC cette journaliste indépendante.

A ses yeux, ces regroupements pourraient amplifier le phénomène.

"Certaines femmes ont mis le hashtag #MeToo sur les réseaux sociaux. C'est autre chose d'avoir 10.000 personnes qui viennent avec leur pancarte pour dénoncer les violences. Le fait qu'on soit en masse permet à des femmes peut-être plus fragiles de descendre elles aussi (dans la rue), de prendre des informations et des conseils auprès d'associations spécialisées qui peuvent les aider."

"J'ai subi des agressions physiques, morales, sexuelles"

Il est certain que le succès de cette campagne de mots-clé sur les réseaux sociaux a délié beaucoup de langues. Notamment celle de Lana. Contactée par RMC, cette jeune femme raconte des années de harcèlement à la fin du collège:

"J'ai subi des agressions physiques, morales, sexuelles. Des humiliations pendant 4 ou 5, 6 ans peut-être de la part d'un camarade quand j'étais plus petit, autour du collège, au début du lycée. Par un seul garçon, parfois aidé par d'autres camarades, parce que c'est bien la fraternité..."

Comme beaucoup de femmes, elle n'a pas porté plainte. De crainte de se perdre dans la machine judiciaire.

"Il y a pas eu de dépôt de plainte parce que la personne qui m'a agressé a eu un autre dépôt de plainte, et je ne me sentais pas de rentrer dans cette machine qui est la justice, qui est un peu compliquée.."

Le rassemblement débute à 15 heures à Paris, place de la République.

Juliette Droz (avec P. C.)