RMC

Menace terroriste à New York: "Ce qu’on entend beaucoup, c’est la référence au 11 septembre"

Des agents de police à New York, le 19 septembre 2016.

Des agents de police à New York, le 19 septembre 2016. - JOHN MOORE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Entre les explosions de samedi à New York et dans le New Jersey et l’arrestation du suspect Ahmad Khan Rahami lundi, de mauvais souvenirs sont remontés chez les New Yorkais. La ville américaine est de nouveau sous la menace des attentats, 15 ans après la destruction du Wolrd Trade Center. Témoignage d’un français qui habite sur place depuis 18 mois.

Fred Volhuer, 34 ans, entrepreneur dans le web.

"Je suis à Brooklyn, où le week-end s'est déroulé normalement. Mais lundi, j’ai vu des phénomènes curieux. De chez moi, à Brooklyn, jusqu’à Times Square où j’ai mon bureau, j’ai dû voir quatre personnes se faire fouiller. Il y a des flics à tous les coins de rues qui font ouvrir les sacs à dos, notamment à toutes les entrées de métro. Et j’ai trouvé qu’il y avait un peu moins de monde dans les transports. J’ai vu des policiers sur les quais, dans les rames. New York est déjà une ville policière, mais à ce point c'est du jamais vu. 

L’autre chose, ce sont les rues. Je travaille à Times Square et d’habitude j’ai beaucoup de mal à rentrer dans mon bureau à cause des hordes de touristes. Aujourd'hui en revanche, il n’y a personne dans les rues. C’est peut-être lié au fait qu’il pleut, ça a peut-être découragé un peu les touristes. Mais je serais quand même tenté de dire que beaucoup évitent Times Square parce que c’est un lieu privilégié pour placer une bombe.

"Bizarrement il n’y a aucune forme de panique"

Ce qu’on entend beaucoup, c’est la référence au 11 septembre. Les New Yorkais disent rapidement que ça leur rappelle ce qui s’est passé il y a 15 ans. Ça revient instantanément: samedi soir quand les safety check ont commencé à se déclencher via les téléphones, c’était leur première réaction. Mais bizarrement il n’y a aucune forme de panique. C’est plutôt vécu comme une fatalité : « Bon bah voilà ça recommence, il faut s’y habituer, parce que ce n’est pas la fin ». Il y a une forme de lassitude.

Le truc hyper étonnant, c’était lundi matin. Tous nos téléphones se sont mis à vibrer en même temps. Ils nous ont envoyé à tous la photo et la description du suspect. Je ne sais pas décrire ce qu’il y a dans la tête des gens, mais en tant que New Yorkais d’adoption, on sent que c’est le temps de l’action. Il y a un maire et des autorités qui ont dit "Ok on nous attaque, alors on met un flic à chaque coin de rue, on fouille les sacs, on met des alertes sur les téléphones et on va trouver celui qui a fait ça". C’est très américain comme façon de faire. Il y a une façon de se plonger dans l’action.

C’est très subjectif ce que je dis, je sais, mais il y a une vraie différence dans la façon d'appréhender ces événements entre la France et les Etats-Unis. A New York, il y a vraiment un esprit très combatif qui émerge immédiatement, ce ‘On va se battre’, quelques heures à peine après le choc ."

AM