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Messi dans la légende: ce que vous ne savez (peut-être) pas sur le Ballon d'Or

"EXPLIQUEZ-NOUS" – Le 65e Ballon d’Or a été attribué mardi soir à Paris à Lionel Messi. L’Argentin remporte son septième trophée et entre encore un peu plus dans la légende.

Le Ballon d’Or, c’est ça: une machine à fabriquer la légende, une cérémonie pour faire entrer les joueurs dans l’histoire. Exactement comme les Oscars d'Hollywood pour les acteurs.

L’histoire retiendra donc que Lionel Messi hier a définitivement distancé son grand rival Cristiano Ronaldo. Sept Ballons d’Or pour l'Argentin contre quatre pour le Portugais. Ils devancent Michel Platini Johan Cruyff: trois récompenses chacun.

C'est donc le palmarès du Ballon d’Or et par conséquent la hiérarchie quasi officielle du football de ces dernières années. Messi est le meilleur devant Ronaldo puis Platini et Cruyff.

Un Ballon d'Or controversé

Pourtant ce septième Ballon d’Or pour Messi ne fait pas l’unanimité. Jean-Pierre Papin, le dernier Français à l'avoir remporté en évoluant en France, en 1991 alors qu’il jouait à l’OM, estime que Messi est un des plus grands joueurs de tous les temps mais qu’il ne mérite pas le Ballon d’Or cette année. Parce que selon lui, depuis cinq mois il n’a plus rien fait. Il n’a marqué qu’un but avec le PSG en championnat. L’avoir élu, c'est dévaloriser le trophée.

Même type de commentaire dans la presse ce matin. Par exemple, Grégory Schneider dans Libération dit : "Non, Messi n’est pas le meilleur joueur du monde cette année. Il n’est même pas le meilleur attaquant de son club le PSG. C’est indiscutablement Kylian Mbappé".

"La seule chose qu’aura vraiment réussi Messi cette année, poursuit le journaliste de Libération, c’est d’avoir coulé le Barca. Il siphonnait à lui tout seul un tiers de la masse salariale ce qui a conduit le club catalan au bord de la banqueroute".

Mais, n’en déplaise à Jean-Pierre Papin et à certains commentateurs, ainsi en ont décidé 170 journalistes issus de 170 pays. Ils ont voté et fait leur choix. Et récompensé le Messi du début de saison au Barça et le vainqueur de la Copa America avec l'Argentine face au Brésil.

Ces journalistes doivent voter en tenant compte de la saison en cours mais aussi de la carrière et du palmarès du joueur. Et là Lionel Messi est incontestable. C’est l’homme de tous les records. Meilleur buteur de l’histoire du Barça, de l’histoire du championnat d’Espagne, de la sélection argentine, de toutes les sélections sud-américaines. Troisième meilleur buteur de tous les temps en match officiel avec 750 buts.

38 titres, 4 Ligues des Champions, dix championnats d'Espagne. Une médaille d’or olympique. Et une ambition intacte. A l’entendre en tout cas. En recevant son trophée hier, il a affirmé vouloir encore s'amuser le plus longtemps possible. En l'occurrence avec le PSG.

Perdants magnifiques et joueurs maudits

Le Ballon d’Or a toujours sacré de grands champions, mais tous les grands champions n’ont pas été Ballon d’Or. Il y a des perdants magnifiques et des joueurs maudits.

Diego Maradona, l’autre Argentin, a joué à Naples jusqu’en 1991, c'est-à- dire à une époque où seuls les Européens pouvaient être distingués. Côté français, Franck Ribéry était ultra favori en 2013. Il avait gagné le vote des journalistes, mais manque de chance, pendant quelques années le règlement avait changé et les sélectionneurs votaient aussi. Et du coup c’est Ronaldo qui a gagné.

Le Polonais Robert Lewandowski a lui aussi joué de malchance. Il devait l'emporter l’an dernier mais le prix a été annulé à cause du Covid. Mardi soir, Messi a demandé que cette injustice soit réparée et qu’on lui donne une statuette.

Mais pour le reste, le Ballon d’Or n’a sacré que des très grands champions. Georges Weah en 1995. Premier joueur non européen, premier Africain a remporté le titre. Mais surtout un homme qui a ensuite eu un destin. Il est actuellement le président du Liberia, petit pays d'Afrique de l’Ouest qui a connu une monstrueuse guerre civile qui a fait des centaines de milliers de morts. Et l’ancien attaquant du PSG s'évertue aujourd’hui à panser les plaies. Parfois en s’alliant avec d’anciens criminels de guerre. Mais c’est une autre histoire.

Autre histoire aussi, celle du premier Ballon d’Or. L’Anglais Stanley Matthews en 1956. Un prolo qui avait quitté l’école à 11 ans, qui était maigre, chauve et avait les épaules voûtées, mais qui était le roi du dribble. Il a été désigné Ballon d’Or à 41 ans et il a encore joué en professionnel jusqu'à ses 50 ans. Il a écrit la première page de la légende.

Nicolas Poincaré