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Michèle Rivasi: "Tchernobyl, c'est le premier gros mensonge de l'Etat"

L'eurodéputée EELV Michèle Rivasi est revenue sur la catastrophe de Tchernobyl survenue il y a 30 ans ce mardi matin dans Bourdin Direct. Elle avait alerté très tôt les autorités alors que les pouvoirs publics avaient affirmé à l'époque que le nuage nucléaire n'avait pas franchi les frontières françaises.

30 ans après la catastrophe de Tchernobyl, du césium radioactif est toujours présent dans les sols d'Alsace et de Rhône-Alpes. Pourtant en 1986, les autorités françaises avaient affirmé que le nuage radioactif n'avait pas franchi les frontières de l'Hexagone. Une version qui fait toujours bondir l'eurodéputée EELV Michèle Rivasi: "Ce sont les Suédois qui nous ont alerté. Selon les autorités, il y avait soi-disant un anticyclone qui protégeait la France. Avec d'autres, nous nous sommes dits que ce n'était pas possible. L'Italie prenait des mesures, l'Allemagne aussi".

Avec d'autres citoyens révoltés par ces mensonges, l'eurodéputée crée la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité). Car le petit groupe a découvert des radioéléments provenant du nuage de Tchernobyl dans les aliments: "Chez nous, en France, les gens ont consommé du lait contenant de l'iode radioactive, notamment en Corse, le Sud-est et le Jura et il y a eu des conséquences sur la thyroïde".

"L'Etat n'a jamais fait la moindre étude"

Michèle Rivasi déplore le manque d'intérêt manifeste de l'Etat: "L'Etat n'a jamais fait la moindre étude. La seule qui a été faite, c'est grâce à la collectivité territoriale corse où j'ai dû faire intervenir un laboratoire italien qui a montré qu'il y avait une augmentation de pathologies thyroïdiennes mais l'Etat français n'a toujours pas reconnu".

Et selon elle, la France doit sortir du nucléaire: "Il y eu Tchernobyl puis Fukushima. Mme Merkel a décidé en tant que physicienne de ne pas porter la responsabilité d'un accident nucléaire en Allemagne et a décidé la sortie du nucléaire. En Italie, il y eu un referendum après Fukushima. En France on est droits dans nos bottes et on continue le nucléaire". L'écologiste craint notamment d'autres accidents, mais aussi des actes terroristes contre des centrales.

Quelle alternative à ces centrales? "Il y a beaucoup plus d'emplois dans le secteur des énergies renouvelables. On a un budget d'EDF et d'Areva en faillite. Il faut que les gens comprennent que le nucléaire c'est l'énergie qui coûte le plus cher avec le temps alors que l'éolien et le photovoltaïque coûtent moins cher. Mettons ce budget sur le marché des énergies de l'avenir, c’est un marché énorme!"

P.B. avec Jean-Jacques Bourdin