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Tchernobyl, 30 ans après: "Nous n'avons pas tiré de leçon de cette catastrophe"

Il y a trente ans avait lieu la catastrophe de Tchernobyl

Il y a trente ans avait lieu la catastrophe de Tchernobyl - VLADIMIR REPIK / AFP

DEBAT - L'Ukraine marque ce mardi le 30e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, pire accident nucléaire de l'Histoire, ayant fait, selon certaines estimations, des milliers de morts et contaminé jusqu'aux trois quarts de l'Europe. Mais trente ans après, nos centrales nucléaires sont-elles suffisamment sécurisées pour éviter une catastrophe?

Le 26 avril 1986, le quatrième réacteur de la centrale de Tchernobyl, situé dans le nord de la République socialiste soviétique d'Ukraine, explose, contaminant une bonne partie de l'Europe. En effet, le nuage de poussières radioactives contamine une bonne partie de l'Ukraine et se propage en Europe. En quelques jours, 130.000 personnes sont évacuées. Aujourd'hui, le bilan sanitaire reste toujours controversé: 50 morts selon les rapports officiels, près d'un million selon d'autres sources. Mais trente ans après ce qui est considérée comme la pire catastrophe nucléaire du 20ème siècle, nos centrales nucléaires sont-elles suffisamment sécurisées pour éviter un tel drame?

"Oui, nos centrales sont sûres, assure sur RMC Bruno Comby, président de l'Association des écologistes pour le nucléaire. Elles sont toutes pourvues d'une épaisse enceinte de confinement, c'est-à-dire d'un mur de béton étanche qui fait un mètre de béton armé d'épaisseur. Il y a aussi des systèmes de sécurité redondants, doubles, triples et même quadruples. C'est comme de sauter d'un avion avec quatre parachutes pour la sécurité".

"Nous sommes dans une situation de plus en plus critique"

"Rien de tout cela n'existait, ni à Fukushima, ni à Tchernobyl, souligne-t-il encore. C'est pour cela que ces accidents ont été beaucoup plus graves que celui que nous pourrions avoir". En revanche, Stéphane Lhomme, directeur de l'Observatoire du nucléaire, estime qu'"une centrale nucléaire est toujours dangereuse même quand elle est toute neuve". "Evidemment, ce danger est encore plus important lorsque ces centrales sont usagées et c'est le cas en France".

"EDF a commencé un grand programme consistant à rénover, rafistoler les centrales nucléaires actuelles mais ça se passe très mal, assure-t-il. Par exemple, à Paluel (Seine-Maritime), un générateur de vapeur s'est effondré dans la centrale". Ce qui lui fait dire que "nous sommes dans une situation de plus en plus critique et dangereuse". Pour Roland Desbordes, président de la CRIIRAD (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radiocativité), "nous n'avons pas tiré de leçon de cette catastrophe pour que cela ne recommence pas". "Or, il y a eu Fukushima entretemps. Le discours a changé mais, dans les faits ce qui est prévu en cas d'accident nucléaire en France, c'est exactement la même chose qu'au moment de Tchernobyl, estime-t-il encore. Certes, on communiquerait autrement mais on ne ferait pas autre chose".

Maxime Ricard avec Juliette Droz